Ascension du Mont Ruapehu plus haut volcan de Nouvelle-Zélande

Le mont Ruapehu, c’est le plus haut sommet de l’île du Nord de Nouvelle-Zélande avec 2 797 mètres d’altitude. Ce n’est pas une montagne, mais un volcan actif. D’ailleurs, sa dernière éruption date du milieu des années 90. On pensait gravir son sommet après le Tongariro Northern Circuit en début d’été. Seulement, la mauvaise météo avait contrecarré nos plans. Alors, c’est avec regret que nous avions quitté la région.

Mais, fin avril, nous sommes de retour sur l’île du Nord avec un acheteur pour notre van en poche. On passe donc nos derniers jours en Nouvelle-Zélande autour du lac Taupo. Ce matin, on profite du magnifique temps ensoleillé et dégagé pour déjeuner au bord du lac. Au loin, à l’horizon, on peut apercevoir le mont Ruapehu. C’est comme si celui-ci nous faisait de l’œil pour gravir son sommet afin de dire au revoir à la Nouvelle-Zélande. Il ne nous en faut pas plus pour nous convaincre de nous y rendre le jour même.

On prend donc la route pour le mont Ruapehu, et en fin de matinée, on se trouve au départ du sentier. Comme c’est l’automne, la neige a fondu, alors on peut atteindre le point de vue du lac du cratère à 2672 m d’altitude sans équipement d’alpinisme. L’hiver, les pentes du volcan constituent les seules stations de ski de l’île du Nord. Mais, en cette saison, l’ambiance est tout autre : les lieux sont peu fréquentés et recouverts d’amas de roches sans végétation apparente. Le Mordor n’est pas loin !

La montée jusqu’à Knoll Ridge

La randonnée part de la station de ski Whakapapa. Tout d’abord, la montée suit un large chemin qui mène jusqu’au départ du télésiège. Ici, il y a deux possibilités : soit prendre le télésiège, soit continuer à pied. Pour nous, cela sera à pied bien sûr !

Au départ, le sentier n’est pas balisé du tout, alors on essaie de suivre les indications approximatives de la brochure du parc national. On aperçoit une sorte de sentier bétonné qui recouvre les rochers (probablement pour protéger des câbles électriques). On décide donc de monter par là, car il n’y a pas d’autres indications. Puis, le semblant de chemin laisse vite place à une ascension abrupte au milieu des rochers. On essaie de suivre les quelques signes matérialisés par des bâtons, mais il faut bien avouer que ceux-ci ne sont pas des plus visibles. Après une heure de grimpette, on arrive au terminus du télésiège de Knoll Ridge.

L’ascension jusqu’au cratère

À partir d’ici, deux randonnées sont possibles : à gauche la randonnée de la Skyline et à droite le sommet du mont Ruapehu. Pour la première, on verra au retour si on a le temps. Il n’y a pas véritablement de sentier, alors on se dirige simplement sur la droite pour gravir le mont Ruapehu.

La progression est lente, car cela grimpe sévère. Mais, le panorama est magnifique sous un ciel dépourvu de nuages. On voit les monts Tongariro et Ngauruhoe émergés comme des verrues au milieu de la plaine accidentée. L’activité volcanique des lieux nous offre des paysages hors du commum avec des roches de couleur jaune, orange ou encore rouge.

Le sommet

Après deux heures d’ascension, on finit par atteindre le sommet. On se retrouve alors au bord d’une immense étendue de glace. C’est surprenant de découvrir des glaciers au sommet d’un volcan ! Il s’agit des seuls glaciers de l’île du Nord.

Pour finir, on marche sur la crête afin de rejoindre la hut que l’on observe au loin. La hut est désormais fermée depuis la dernière éruption du volcan. En effet, deux personnes qui dormaient dans le refuge se sont retrouvées pris dans une éruption du volcan. Depuis, le refuge a été condamné par sécurité.

Le cratère du mont Ruapehu

Le point de vue depuis le refuge est impressionnant. Il est situé au bout de la crête d’où l’on surplombe le cratère rempli d’eau et entouré de neige. On profite des lieux pour pique-niquer.

Pendant le repas, on entend des détonations et sent de légères vibrations du sol. Un peu comme des coups brefs et sourds à intervalles réguliers. Sachant que nous sommes quand même en haut d’un volcan actif… cela n’est pas très rassurant. Est-ce que c’est habituel ou non ? On se rassure en se disant que cela doit être normal . De toute façon, il est temps de penser à redescendre, car il est déjà le milieu d’après-midi.

La descente

On redescend assez confiants, mais il n’est pas plus évident de repérer le chemin. Comme le paysage est uniquement fait de roches, il est facile de se perdre. À 20 mètres près, on se retrouve parfois bloqué par une falaise qui nous contraint à rebrousser chemin pour trouver un autre passage. Mais, dans tous les cas, la descente est moins physique que la montée !

Extension vers la Skyline

Nous voilà arrivés près de Knoll Ridge en fin d’après-midi. On se décide tout de même à faire rapidement l’extension vers la Skyline du mont Ruapehu avant la nuit. Il faut dire qu’avec le rythme de ces dernières semaines, nous avons la forme !

En 45 minutes, nous sommes au point de vue finale. Nous ne regrettons pas ces derniers efforts car la vue sur le mont Tongariro et Ngauruhoe est magnifique sous les couleurs du soleil couchant. Notre séjour en Nouvelle-Zélande tire à sa fin, alors on profite de chaque seconde de ces derniers instants en Terre du Milieu.

Le soleil se couche sur une mer de nuages qui envahit petit à petit la plaine. Sur notre gauche, on aperçoit le sommet du mont Taranaki, souvenir impérissable de notre séjour sur l’île du Nord. À droite, nous avons les paysages du Tongariro Northen Circuit que nous avons arpenté quelques mois plus tôt. Avec le sommet du mont Ruapehu, on a l’impression que la boucle est bouclée. C’est la plus belle manière de finir notre voyage en Nouvelle-Zélande.

Une fin à la frontale

La nuit est déjà en train de tomber lorsque l’on commence à descendre. On ne voit bientôt plus que quelques mètres devant nous. Si bien qu’à un moment donné, on se perd de vue. Heureusement, on finit par se retrouver, mais cela nous sert de leçon pour la fin de la descente.

Comme on était parti tard ce matin, on a pris les lampes frontales par principe de précaution. On a bien fait, car nous n’avons pas d’autres choix que de les sortir pour y voir clair. Comme il n’y a pas de sentier, ce n’est pas évident de se repérer. Même les bâtons sur cette portion sont difficiles à voir dans le noir. Ils sont très espacés, alors Pierrick avance en éclaireur pour voir le bâton suivant, tandis que moi je reste sur le précédent bâton jusqu’à ce qu’il ait repéré le suivant. De cette façon, on arrive sans encombre.

Comme les lieux sont déserts en cette période, on décide de passer la nuit sur place. D’autant qu’un abri fermé avec toilettes et table est ouvert au public. Ce soir pour l’une de nos dernières nuits en Nouvelle-Zélande, c’est donc le grand luxe  !

Épilogue : Un volcan effectivement bien actif

Quelques jours plus tard, on découvre que le niveau d’activité du mont Ruapehu a augmenté. Et devine depuis quand ? Eh bien le jour de notre ascension du sommet !!?? Cela rappelle que l’ascension d’un volcan se fait toujours à ses risques et périls. Heureusement pour nous, rien de grave ne s’est produit !

Notre avis

Nous avons été très agréablement surpris par le mont Ruapehu et son point de vue sur le lac du cratère à 2672 m d’altitude. Le panorama est impressionnant. La randonnée est difficile en raison du dénivelé important, mais surtout du terrain (pierre, gravas, etc.) assez casse gueule à la descente. De plus, le sentier n’est pas balisée, alors on ne recommanderait pas d’entreprendre la randonnée par temps couvert (brouillard), car il peut être facile de se perdre.

Expérience :   

Panorama depuis mont NgauruhoeSi tu es aussi intéressé par l’ascension du mont Ngauruhoe, on a rédigé un article sur le sujet : Ascension du volcan Ngauruhoe alias la montagne du Destin.

Ascension du Mont Ruapehu plus haut volcan de Nouvelle-Zélande
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2 Comments

  1. gérard lord 6 avril 2018 à 2 h 59 min - Répondre

    De très belle photos et de très beaux paysage.La nouvelle zélande sera probablement notre prochaine destination voyage.Votre trek en haut du volcan est extraordinaire mais ce n’est pas risqué de monter voir un volcan toujours actif?

    • Pierrick & Sandrine 9 avril 2018 à 13 h 50 min - Répondre

      Bonjour Gérard,

      Merci pour les compliments concernant les photos, cela fait toujours plaisir à entendre :-). Si vous aimez la nature et la randonnée, alors la Nouvelle-Zélande devrait vous combler.

      Randonner dans cette zone volcanique est très populaire en Nouvelle-Zélande. Je ne vais pas vous dire qu’il n’y a aucun risque dans un tel environnement, car il s’agit quand même de volcans. Mais, si vous restez sur les sentiers/itinéraires, alors il y a peu de chance que quelque chose vous arrive. La zone est sous surveillance. Quand l’activité des volcans devient trop forte, alors la zone est tout simplement fermée. Mais, on est bien d’accord que le risque zéro ne sera jamais garanti.

      Il existe plusieurs randonnées dans ce secteur. La plus célèbre est l’Alpine Crossing qui se fait à la journée. C’est une section très fréquentée avec un flux continu de touristes. Cette section peut également se faire sur plusieurs jours dans le cadre d’un circuit (Tongariro Northern circuit) avec nuit en refuge ou camping. Pour vous faire une idée de l’endroit, vous pouvez jeter un coup d’œil à cet article : https://www.wonder-trip.com/tongariro-northern-circuit/ . Globalement, le sentier est très bien aménagé et entretenu et ne pose donc pas de problèmes majeurs. Ce qui n’est pas le cas de la randonnée du Mont Ruapehu où la marche se fait parfois dans des éboulis et n’est pas marquée (même si un sentier est parfois visible avec le passage).

      Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas.

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