Avant d’arriver en Nouvelle-Zélande, on rêvait de gravir le mont Taranaki, ce volcan avec une forme conique presque parfaite. Mais, les guides étaient particulièrement alarmistes quant à l’équipement nécessaire pour le faire (crampons, etc.). Alors, lorsqu’on a constaté que ce n’était pas nécessaire pour arriver au cratère du sommet, cela a fini de nous convaincre de tenter le challenge. Cette randonnée n’est pas accessible à tout le monde. Alors dans cet article, nous partageons cette fabuleuse expérience et nos conseils pour les voyageurs qui se demandent s’ils vont tenter ce défi de l’ascension du mont Taranaki.

Cette randonnée n’est pas à prendre à la légère. Son dénivelé (1600 m) et sa distance (12,6 km) sont conséquents, alors on ne voudrait pas se retrouver de nuit dans la descente. La durée annoncée de l’ascension du mont Taranaki est de 8-11h. Mieux vaut vérifier la veille les conditions climatiques et l’état du sommet en raison des neiges éternelles.

Départ au lever du soleil

Aujourd’hui, le réveil sonne à 5h30 pour un départ prévu à 6 h du matin à la lampe frontale. Les nuages ont tendance à recouvrir le sommet en début d’après-midi. Il vaut donc mieux prévoir d’atteindre le sommet avant midi. Pour l’heure, on ne sent pas encore de courbatures de nos deux précédents jours de trek sur le Puakai Circuit.

Sur le parking, on fait la rencontre de Tobias, un jeune Allemand en road-trip sur l’île du Nord. Il nous aborde, car lui aussi souhaite tenter le défi aujourd’hui et il cherche des voyageurs pour l’accompagner. On lui propose donc de se joindre à nous.

Du parking de North Egmont à Tahurangi Lodge

Le sentier est large et monte progressivement, mais sérieusement pendant 1h30 jusqu’au chalet de Tahurangi Lodge. Sur cette portion, le sentier ressemble plus à une route non goudronnée qu’à un chemin. Pour ma part (Sandrine), les deux jours de trek derrière nous commencent à se faire sentir dans les jambes. En conséquence, la montée se fait tranquillement mais sûrement. Quant à Pierrick, il est avec Tobias en ligne de tête.

Déjà à ce niveau, la vue sur la plaine alentour vaut le coup d’œil. En plus, tu peux même l’observer assis sur les toilettes installées dans une petite cabane. En effet, ils ont prévu une ouverture pile au niveau des yeux. Depuis le chalet de Tahurangi Lodge, on peut aussi mieux se rendre compte de la difficulté du terrain qui nous attend pour la suite. En effet, on se demande même par endroit où passe le sentier !

Challenge de la montée

À partir de cet endroit, la pente devient encore plus raide et le sentier se transforme rapidement en escaliers abrupts à travers des rochers. Le sentier est à peine perceptible au milieu des rochers. Seul un piquet orange nous oriente dans la bonne direction. Il n’y a pas trop de risque de se perdre, car en ce mois de janvier, nous sommes à la queue leu leu avec les autres marcheurs.

Une fois cette première difficulté passée, les rochers laissent place à des éboulis de sable et de pierre. C’est le type de terrain fatiguant où tu danses : deux pas en avant, un en arrière, deux pas en avant, un en arrière, etc. On s’enfonce dans le sable et les chaussures se remplissent petit à petit de sable et de cailloux. À ce moment-là, avec une pente toujours aussi raide, il faut redoubler d’efforts. Je (Sandrine) déteste ce type de terrain. La pente commence à être vertigineuse, c’est assez impressionnant quand tu as peur des hauteurs. On se dit que la descente sera toutefois bien plus facile.

Un final vertigineux

Mais le meilleur reste à venir… Le sable laisse place à la dernière ligne droite avant le cratère. Cette portion est uniquement constituée de rocher. Non pas un sentier rocailleux, mais des rochers à la verticale à escalader. La marche laisse donc place à du crapahutage au milieu des rochers. Finalement, c’est un peu un triathlon : marche, danse et escalade… Il faut suivre des poteaux en bois plus ou moins visibles. Bref, tu sais une chose, il faut grimper.

J’avoue (Sandrine) que je suis frileuse par rapport aux hauteurs (sans parler de vertiges), alors je vais doucement. Je réfléchis longuement aux prises que je vais choisir avant de me lancer. Finalement, je n’ai pas toujours choisi le chemin le plus facile, mais je finis par rejoindre les gars 15 minutes plus tard qui profitent tranquillement du panorama !

Il faut être vigilant au cours de cette montée pour ne pas chuter. Néanmoins, le danger le plus réel est les autres randonneurs. En effet, certains montent sans considération pour les autres marcheurs et détachent des blocs de pierre qui dégringolent la montagne sans prévenir. Dès lors, il est primordial de rester aux aguets pour éviter de se prendre un bloc sur la tête. Tu me diras que cela peut arriver à tout le monde de détacher un morceau de rocher, mais le minimum est de prévenir les gens en dessous pour éviter un accident !

Le cratère enneigé

Pour finir, il y a un dernier rocher à contourner au bord de la falaise au-dessus du vide, avant de redescendre dans le cratère rempli de neige. Au centre d’information pour visiteurs, il était recommandé de ne pas marcher sur le cratère sans équipement. Cependant, maintenant que nous sommes face au cratère, cela ne nous semble pas des plus dangereux. La neige est compacte et la pente douce. Puis, tout un tas de marcheurs l’ont déjà traversé. Alors, on décide de faire de même pour voir le panorama de l’autre côté. Tu marches sur la neige et tu as la tête dans les nuages, la sensation est juste incroyable !

Le sommet du mont Taranaki

Le cratère n’est pas encore le sommet officiel du mont Taranaki. Il faut encore gravir un petit monticule sur la droite. Pour cela, pas de sentier mais de la neige qu’il faut tasser pas à pas. Comme il n’est encore que 11h, on décide de tenter l’ascension de ces derniers mètres.

Heureusement, ce n’est pas très long, en 15 minutes environ, on se retrouve au sommet. En effet, une fois la partie enneigée passée, on retrouve un terrain caillouteux classique. Malgré la fatigue de la montée, ce dernier coup de reins vaut vraiment le coup. Tout en haut, la vue est à 360 degrés. On voit loin, très loin. La sensation est tout aussi magique : l’euphorie d’avoir réussi ce défi est partagée par tous les marcheurs. Émotion garantie !

On se prend à rêver de voler au-dessus des nuages ! Nous pouvons admirer la vue sur la plaine sans aucun nuage. On constate une démarcation nette entre la forêt en cercle autour du mont Taranaki du parc national et les prairies de pâturages tout autour. On aperçoit même au loin les sommets du mont Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro qui émergent au-dessus des nuages.

Glissade sur neige

Après toutes ces émotions, ce n’est pas fini. Le sommet étant très venteux, nous décidons avec notre acolyte d’un jour de redescendre dans le cratère pour manger. Pour descendre du sommet, après l’escalade et l’alpinisme, voici la luge sur fesse ! On a beau essayer de faire des pas dans la neige, on finit toujours par glisser, alors on prend la décision de finir en glissade sur les fesses. C’est beaucoup plus marrant et rapide ! Par contre, ça fait froid dans le dos avec la neige qui se glisse sous le pull !

Le cratère est l’endroit parfait pour pique-niquer à l’abri du vent et sous le soleil qui réchauffe. Voir même un peu trop, le visage commence à bruler avec la réflexion sur la neige ! Chapeau et lunettes sont donc les bienvenues ! Après ce repos bien mérité et une exploration un peu plus approfondie du cratère, il est temps de redescendre.

La descente dans le brouillard

Ce plein d’énergie ne se révèle pas du luxe, car la descente n’est pas de tout repos. C’est encore plus impressionnant, car on fait face au vide. Le vent s’est levé ce qui rend notre équilibre précaire. Résultat, cela prend autant de temps en descente qu’à la montée…

Ce qui n’est pas le cas de la section suivante où il suffit de sautiller en courant dans le sable qui s’enfonce sous ses pas. Parfois, on glisse mais ce n’est pas bien grave, car le sable amortit la chute. Toutefois, cela aurait été trop simple. Alors la nature décide de nous mettre un handicap en nous enveloppant dans un brouillard intense. On ne voit pas à 20m et le sentier à cet endroit est seulement balisé par des bâtons orange espacés de plusieurs mètres. Il est donc facile d’en louper un et de se perdre. Comme nous n’avons pas tous le même rythme de descente, nous nous attendons. Surtout que Sandrine n’a pas un bon sens de l’orientation.

D’ailleurs, elle n’est pas la seule, car on repère un homme seul qui s’éloigne de plus en plus du sentier, alors que la falaise est proche. On l’interpelle en criant pour lui indiquer où est le sentier. On comprend pourquoi certaines chutes mortelles sont arrivées sur cette randonnée !

La fin interminable

Au fur et à mesure que l’on descend, le brouillard se désépaissit. Une fois arrivés au niveau du chalet, les nuages sont désormais au-dessus de notre tête. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir après 3 jours intensifs de marche. La dernière section dont la surface est bonne nous paraît interminable. D’ailleurs, on fera une pause à chaque point de vue pour manger des collations, afin de se redonner un peu d’énergie.

Il est presque 16h30 lorsqu’on arrive enfin sur le parking. On marche depuis 6h du matin, alors on s’empresse de libérer nos pieds de nos chaussures de randonnées. Les tongs deviennent à ce moment-là un vrai don du ciel  ! Et on improvise avec Tobias un goûter/apéro devant notre van. C’est ce type de rencontres et de moments qu’on adore en voyage !

Voici un aperçu en vidéo de l’ascension du mont Taranaki :

Notre avis

L’ascension du mont Taranaki n’est définitivement pas une randonnée accessible à tous. Toutefois ce n’est pas non plus impossible. Le panorama au sommet est à couper le souffle, mais gravir ce volcan est déjà en soi une expérience extraordinaire ! Alors, prends ton courage à deux mains et ton énergie pour te lancer toi aussi dans cette ascension ! Sinon tu peux aussi tout simplement profiter des plus beaux panoramas sur le volcan en parcourant le Pouakai circuit (voir l’article ICI) .

Expérience :   

Prix : Entrée du parc gratuite.

Ascension vertigineuse du mont Taranaki
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