Le trek du Earnslaw Burn : Camper au pied d’un glacier

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Nous avons découvert le mont Earnslaw Burn par l’intermédiaire d’une photo dans le livre des lieux de tournage de la trilogie du Seigneur des anneaux. Lorsqu’on a vu cette photo, on s’est dit : on veut aller là-bas !

Alors après quelques recherches on a découvert deux moyens d’accéder à la vallée alpine du Earnslaw Burn. La première, se faire déposer en hélicoptère ni vu ni connu. La deuxième, en randonnant (de préférence sur 2 jours) dans la forêt, la boue et des marécages. Devinez quelle solution on a choisie  ? L’hélicoptère !!! Ah ben non cela aurait été trop facile. Même si on aurait pas dit non à un survol des Alpes du Sud, notre portefeuille n’est bizarrement pas du même avis. Va savoir pourquoi… À la place, on se prépare donc pour 2 jours de trekking en autonomie totale avec nuit au pied du glacier. Tu me diras, ce n’est pas mal non plus comme expérience et c’est gratuit !

Départ

Il est déjà 14h lorsque nous sommes, backpack sur le dos, prêt à partir. Le matin même, nous avons fait l’ascension du mont Alfred (voir notre article Mont Alfred : vue sur le paradis dans les Alpes du Sud) ! Avec l’enchaînement de randonnées, on commence mine de rien à avoir la forme.

Pour démarrer, il faut enjamber les barbelés d’un champ. On trouve alors le panneau de la randonnée du Earnslaw Burn Track juste avant d’entrer dans la forêt. À ce moment-là, on ne s’imagine pas qu’on va passer plus de 4h dans les bois !

Promenons-nous dans les bois…pendant que le kiwi n’y est pas…

Le sentier monte pendant 15 minutes dans la forêt avant de déboucher sur une clairière. À première vue rien de compliqué, mais c’était sans compter sur le terrain gorgé d’eau et hyper boueux. Avec nos chaussures de rando en fin de vie, on se retrouve vite les pieds mouillés. Du coup, on va faire tout le reste de la randonnée comme ça…

On se renfonce ensuite rapidement dans la forêt pour n’en ressortir que 3h30 plus tard. C’est la section où il faut vraiment être motivé, car pour être honnête, le sentier n’a aucun intérêt. Il monte et descend au grès des talus au milieu de la végétation avec en travers du chemin quelques obstacles aux choix parmi des troncs d’arbres, des éboulis, des racines, des rochers, de la boue, des flaques, des ruisseaux, etc. Autant dire que ce n’est pas une balade de santé. On se croirait dans un boot camp ! Du coup, la fatigue commence à se faire ressentir avec le poids du sac sur le dos. Alors, Sandrine récupère un bâton pour moins forcer sur les genoux.

Malgré le mauvais état du sentier, celui-ci est quand même relativement bien balisé grâce à des petits triangles orange fixés sur les arbres. Il y a seulement quelques endroits où il faut rester vigilant pour ne pas prendre une mauvaise direction.

Lors de notre passage, on a été contraints à plusieurs endroits de fabriquer des passages à l’aide de bois ou de rondins pour être en mesure de traverser d’énormes flaques ou des ruisseaux. Bref, on s’en souviendra souvent de cette forêt ! Après 4h de marche on aperçoit enfin le bout du tunnel.

Bivouac dans la vallée de Earnslaw Burn

À la sortie de la forêt, quelle surprise de découvrir qu’on est encore loin de la tête de la vallée et que le mont Earnslaw est à peine perceptible ! La nuit est en train de tomber et il nous paraît difficile d’atteindre le fond de la vallée à la lumière du jour. On décide donc de bivouaquer dans les environs.

On avance en quête d’un endroit assez plat pour poser la tente. Par chance, quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur un super spot avec des pierres immenses, dont une horizontale qui fera office de table, incroyable ! On décide d’établir notre campement ici afin de profiter des dernières lueurs du jour pour manger dehors.

Réfugiés au chaud sous la tente, le seul bruit qui nous entoure est celui de la rivière qui passe juste en dessous. On ne peut s’empêcher de ressentir un léger sentiment d’appréhension de se retrouver seul en pleine nature à 4h30 de marche de la route la plus proche. Mais contradictoirement, c’est aussi enivrant de ressentir cette liberté, cette sensation d’être seul au monde. On se sent à la merci des éléments, car notre survie dépend de ce que la nature voudra bien nous donner comme notre réapprovisionnement en eau par exemple. C’est le genre d’expérience qui fait naître un profond respect pour la nature.

Une fois la nuit noire installée, on sort pour apprécier le ciel étoilé. Les deux couches de polaires et le bonnet sont de mises, car en cette saison automnale le froid commence à se faire sentir. Mais, on assiste à une véritable pluie d’étoiles filantes.

Réveil entre les mains de Dame nature

Au réveil, la végétation de la vallée alpine est légèrement gelée. Heureusement, un beau soleil vient nous réchauffer : chauffage 100% naturel. On a presque épuisé nos ressources en eau, alors pas d’autres choix que de nous diriger vers la rivière du glacier, afin de remplir une bouteille. Le plus dur c’est de plonger ses mains dans l’eau glacée ! Surtout qu’au retour on découvre que notre réchaud fait des siennes et que donc on ne peut pas compter sur le thé pour se réchauffer. C’est les aléas du camping… Mais bon comme dit Pierrick, on n’est pas bien là ?

En route pour le fond de la vallée

Il est 8h lorsqu’on laisse le campement derrière nous pour nous enfoncer dans la vallée. À partir d’ici, il n’y a plus de sentier. On doit donc marcher à travers les herbes hautes. En plus des herbes mouillées, le sol est marécageux. On s’enfonce donc dans l’eau dès que l’on pose notre pied sur la couche de mousse. Nous avons très vite les pieds trempés.

On se repère aux herbes écrasées et aux traces laissées par les précédents randonneurs pour se frayer un chemin entre les broussailles. Parfois, on s’aperçoit qu’on ne prend pas le chemin le plus court, mais on avance quand même et puis l’important c’est de profiter du paysage.

Le mont Earnslaw

On s’installe sur le monticule au pied de la montagne pour contempler les lieux. Le mont Earnslaw forme une enceinte de pierres immenses parsemées de cascades dégringolant du glacier. C’est vraiment un paysage atypique que l’on ne verra nulle part ailleurs en Nouvelle-Zélande (ce qui pourrait s’en rapprocher le plus serait le Rob Roy Glacier dans le parc national du mont Aspiring, mais en largement moins bien à nos yeux).

Un silence de cathédrale règne dans les lieux seulement interrompus par les craquements de la glace au-dessus de notre tête. Sensation garantie !

Nous avons également la visite de nos chers kéas, ces perroquets des montagnes endémiques à la Nouvelle-Zélande. Rapidement, on se retrouve encerclé par une dizaine de kéas qui jouent avec nous. Réputés très intelligents et fourbes, on les laisse approcher en restant vigilant pour nos affaires.

Ce décor spectaculaire a servi pendant le tournage de la trilogie du Seigneur des anneaux pour tourner la scène du franchissement du col de Caradhras (versant nord-ouest du mont Earnslaw), ainsi que la scène d’ouverture du second épisode lorsque les caméras volent autour de la montagne avant de plonger à l’intérieur de la mine. Puis également dans le Hobbit – Un voyage inattendu lorsque la compagnie de Thorin marche sur les versants des monts brumeux après leur départ de Rivendell.

Le temps se couvre et une pluie fine se met à tomber. C’est le signal pour nous rappeler de rentrer. Devant ces merveilles de la nature, le temps passe toujours trop vite.

Un retour interminable

Il est presque midi lorsqu’on est de retour à notre campement. Alors après avoir plié notre équipement, on mange un morceau pour reprendre des forces. Après ça, c’est reparti pour 4h dans la forêt maudite ! Cela vaut bien une photo devant le panneau de la randonnée. YES WE DID IT !

Départ du trek de Earnslaw Burns

Notre avis

La randonnée du mont Earnslaw Burn est une expérience incroyable dont on garde un souvenir impérissable. Cette randonnée reste une de nos plus belles expériences de la Nouvelle-Zélande. C’était la première fois que l’on se retrouvait seuls en autonomie complète dans la nature pendant deux jours. Le mont Earnslaw et son glacier sont impressionnants. Bien qu’il soit possible de faire le trek sur une longue journée de marche, on recommande vraiment de dormir sur place pour vraiment avoir le temps de profiter des lieux. Car c’est vraiment toute une expérience de se retrouver seul dans cette nature de jour comme de nuit. Le seul point négatif, c’est cette partie interminable du trek dans la forêt vraiment monotone.

Lors de notre visite, on n’a pas été dérangé par un seul hélicoptère, sans doute car nous étions à la fin de la saison touristique. Nous avons donc pu totalement profiter de l’atmosphère des lieux. Si tu y vas pendant la haute saison, c’est un argument de plus pour y passer une nuit afin de pouvoir profiter du calme.

Expérience :   
Le trek du Earnslaw Burn : Camper au pied d’un glacier
5 avec 1 vote

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5 Commentaires

  1. Lilian GUENU 23 juillet 2017 à 16 h 01 min - Répondre

    Wow quel périple 😉
    Bravo la récompense semblait largement au niveau des efforts fournis – a faire une fois dans sa vie, c’est noté!

    Bien hâte de vous revoir à Montréal les amis

  2. Damien 4 mai 2018 à 8 h 55 min - Répondre

    Hello vous 2 !

    Quel endroit magique !! Vraiment superbe !
    Encore une belle découverte ! Merci!

    Dommage que le chemin pour y accéder risque de décourager mon amie… il faut que je trouve les moyens de la motiver ! 🙂

    Je n’arrive pas à trouver de tracé GPX pour la deuxième voie que tu évoques Pierrick, cela semble donc être compliqué…

    Sur la map, je remarque un emplacement nommé « bivouac Rock » est-ce dans cette zone que vous avez campé?
    Pouvons-nous envisager un bivouac plus loin, plus près du glacier ? A priori c est trop humide mais pensez-vous que c’est jouable ?

    Merci!

    • Pierrick & Sandrine 6 mai 2018 à 1 h 32 min - Répondre

      Dis donc quand tu prépares quelque chose, tu le fais pas à moitié ! 😉

      Pour ton amie, un peu de musique ou refaire des répliques du Seigneur des Anneaux est un bon moyen de faire passer le temps dans la forêt 🙂 Non non ça sent pas du tout l’expérience vécue ;-)…

      Pour le tracé, je pense que tu ne le trouveras pas. Comme ça, cela va être difficile de t’aider plus. Le passage avait l’air clair depuis le bas, mais je ne sais pas comment est le terrain après pour redescendre de la crête.

      L’emplacement bivouac Rock est juste un abri sous un rocher, il n’y a même pas assez de place pour une tente. Et en plus, cela demande de traverser la rivière ! On avait campé juste un peu plus loin sur le chemin. On avait dormi là, car on avait enchainé deux randos dans la journée, mais on te conseille d’aller plus loin dans la vallée. Tu seras plus près du glacier et en plus, tu n’auras pas cela à faire le lendemain avant de rentrer. Ce n’était pas humide de partout, il y avait des zones plates qui se prêtaient bien au campement.

      Ah, ça s’annonce bien cool tout ça :-).
      Bonne préparation

      PS : Tu aurais pas une place pour nous dans ton sac à dos ? lol 😉

      Pierrick et Sandrine

  3. Damien 6 mai 2018 à 18 h 51 min - Répondre

    Ah ah 🙂 oui c’est vrai ! Mais comme on ne retse « que » 20 jours sur place, je m’en voudrais trop de passer à côté de chose superbe et de baser mon road-trip que sur du lonely planet ou routard 😉

    Alors on sera libre de se detacher du planning, d’autant plus car on sera en van self-contained, mais on aura toujours ce fil d’ariane pour ne rien louper 🙂

    Pour le tracé effectivement j’en ai trouvé un sur Gpsies, mais c’est imprécis, peur de m’embarquer dans un truc difficile alors que la piste que vous avez emprunté semble balisée et est repertoriée.
    Plus qu’à motivé madame… pas simple… la photo du glacier suffit pour moi mais je ne sais pas pour elle ah ah ????.
    Combien de temps environ estimez-vous pour la montée jusqu’au glacier ? Parce que j’imagine que les 12-13h c’est pour l’aller-retour ?

    Ok merci pour la zone de bivouac on verra au feeling et selon l’etat de fatigue alors ???? (je ne pense pas etre pret a dormir sur un matelas sous une roche sans tente lol)

    Oui ça va être trop cool ce voyage ! Et ca serait avec plaisir de vous emmener dans mon sac à dos, mais je crois qu’il sera déjà bien rempli lol.
    Allez, retournez là bas et on se donner rendez vous sur un camping pour un échange de recit d’aventure autour d’une bière ou deux… 🙂
    (ps: ça y est le breton va encore passer pour un alcoolo… mdr)

    • Pierrick & Sandrine 20 mai 2018 à 23 h 15 min - Répondre

      Hello Damien ! Désolé on en a mis du temps à répondre à ton mail, on l’avait mis en lu par erreur. En tout cas, il nous a fait bien rire ;-). C’est bien tentant la rencontre en Nouvelle-Zélande, on garde l’idée pour un autre endroit dans le monde, ok 😉 ? Sinon, pour répondre à ta question, 12-13h c’est bien pour l’aller-retour. Il faut prévoir un peu près le même temps pour l’aller et le retour, soit 6h-7h jusqu’au glacier comme il y a pas mal de kilomètres.
      A +

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