Mueller Hut : panorama majestueux du mont Cook et sa vallée glaciaire

L’itinéraire de Mueller Hut est censé offrir des panoramas impressionnants du mont Cook et de sa vallée glaciaire. Cette randonnée est toutefois recommandée pour les marcheurs expérimentés. En fonction de la saison, il peut être nécessaire de traverser des névés de neige. Il est donc utile de se renseigner au préalable au centre d’informations de l’état de l’itinéraire pour avoir l’équipement adéquat. Pour nous, c’est le début de l’automne alors toute la neige a fondu. C’est parti pour 6-8 h de marche avec 1000 mètres de dénivelé sur 4,5 kilomètres.

Lacs alpins de Sealy

On souhaite profiter au maximum de cette journée, alors on est sur le chemin dès 8h30 du matin. Le début de la randonnée commence en douceur avec le sentier commun à celui de Kea Point. Une fois la bifurcation pour le sentier de Kea Point passée, les escaliers prennent le relai. On croise rapidement les premiers marcheurs que nous doublons. Petit à petit, on se rend compte qu’il y a beaucoup de monde sur cette partie qui mène jusqu’au lacs alpins de Sealy. On se suit tous les uns après les autres et on se double chacun son tour entre les pauses et arrêts photos.

À Sealy Tarns, la vue est déjà impressionnante. À gauche, on voit la Hooker Valley avec les lacs créés par la fonte des glaciers et au fond le mont Cook. À droite, on découvre l’immensité de la vallée. On dirait qu’on regarde dans un objectif grand-angle ! La lumière du soleil est juste au-dessus du mont Cook, alors ce n’est pas terrible pour les photos. On laisse ça de côté pour le retour.

L’ascension jusqu’à la crête

À partir de Sealy Tarns, il ne s’agit plus d’un sentier maintenu et aménagé, mais d’un itinéraire alpin. Il est tout de même balisé par des marqueurs orange tous les 200 mètres. Il est donc difficile de se perdre. Au départ, l’itinéraire zigzague au milieu de la végétation alpine sur un terrain rocailleux avant de traverser un amas de gros rochers. Les derniers mètres de l’ascension jusqu’à la crête exigent de traverser une zone d’éboulis de graviers glissante.

Sur cette portion, il y a certes un peu moins de marcheurs que sur le sentier aménagé. Mais, on est loin d’être seul. Le dénivelé est beaucoup plus abrupt, car on monte quasiment en ligne droite sur la montagne. Nous doublons deux personnes âgées chargées d’un gros sac à dos qui avancent doucement, mais surement. On se dit qu’on aimerait bien être autant en forme à leur âge. C’est là aussi où qu’on se dit que la randonnée est définitivement ancrée dans la culture de la Nouvelle-Zélande depuis des générations et que ce n’est pas juste un effet de mode pour ses habitants.

De la crête à Mueller hut

Une fois sur la crête, le temps change radicalement. Le vent souffle très fort et la température se rafraîchit. On supporte bien le bonnet et le coupe-vent ! Il y a un promontoire sur la droite qui permet de jouir d’un panorama sur la Hooker valley et le glacier Mueller, mais il y a un peu trop de monde à notre goût, alors on se réserve cela pour le retour quand la plupart des gens seront déjà redescendus.

L’itinéraire pour rejoindre la hut depuis la crête traverse une cuvette remplie de rochers. Heureusement, l’itinéraire est encore balisé, ce qui évite de se perdre dans ce dédale de roches qui plonge abruptement dans la vallée du glacier Mueller. Le versant du mont Sefton est recouvert d’une multitude de petits glaciers comme suspendus dans le vide. On se demande comment tout cela peut bien tenir. On aperçoit peu de temps après la Mueller hut, surélevée sur un lit de roches. Il nous aura fallu 3h30 pour atteindre le refuge alpin. On apprécie un peu de chaleur à l’abri du vent derrière les baies vitrées qui n’empêche en rien de profiter du panorama exceptionnel.

Un environnement époustouflant

Après avoir repris un peu de force, on part explorer les alentours. En premier, on s’approche de la falaise du côté par lequel on est monté. Le versant est tellement à pic que l’on se demande bien comment on a pu monter jusqu’ici ! Le vent souffle tellement fort qu’on fait attention de ne pas trop s’approcher du bord, car une bourrasque aurait vite fait de nous faire chuter. Le panorama sous nos yeux est tout simplement époustouflant. Il est difficile de retranscrire ce que l’on voit avec des mots. La Hooker Valley s’étend presque sous nos pieds avec ses immenses lacs glaciaires et les rivières serpentant dans la vallée. Le mont Cook joue à cache-cache dans les nuages. C’est juste waouh ! Sans doute un des plus beaux panoramas qu’on a eu la chance de voir en Nouvelle-Zélande.

Il est possible de monter au sommet du mont Ollivier qui surplombe la Mueller hut de 133 mètres. Mais, on n’est pas convaincu que le panorama soit bien meilleur, car le sommet est légèrement en recul de la falaise. De plus, il s’agit d’un amas de roches, alors avec le vent qui souffle fort on préfère ne pas prendre de risques et on explore plutôt l’autre côté. Ici, on fait face à d’énormes glaciers qui dévalent le mont Softon dans un équilibre précaire. Au creux de la vallée abrupte se niche le glacier Mueller qui est bien plus impressionnant que ce que pouvait laisser croire la vue depuis la Hooker valley. On se sent tellement petit face à ça !

On repère quelques espaces plats entourés d’un cercle de pierres sans doute utilisé pour poser des tentes. C’est étonnamment proche du bord de la falaise. Alors, avec le vent qui souffle à cette altitude, on ne serait pas très serein de dormir ici. Là-dessus, on rentre au chaud dans la hut pour casser la crôute.

L’impact du tourisme sur les Néo-Zélandais

Pendant notre repas, les deux personnes âgées que nous avions doublées déballent leur pique-nique et équipement. Ils sortent alors tout un tas d’ustensiles en alu, des Tupperwares et des boîtes de conserve. Wouah, ils en avaient du poids ! D’autant qu’ils restent plusieurs jours dans la hut.

Peu de temps après, on entend un touriste échanger avec eux et les féliciter de leur challenge. Il s’en suit la discussion suivante :

La touriste : « C’est vraiment une super randonnée ! »
Le couple de Néo-Zélandais : « mmm, c’est une randonnée sympa », d’un ton mitigé.
La touriste : « ah bon, pourquoi tu dis ça ? »
Le couple de Néo-Zélandais : « Il y a trop de monde, nous sommes venus il y a 15 ans et c’était vraiment différent. »

Pour nous qui randonnons afin de retrouver une connexion avec la nature, profiter de sa faune, sa flore et ses sons, ce n’est déjà pas très agréable de voir que certains lieux sont devenus de véritables autoroutes à touristes. En effet, la plupart des marcheurs arrivent les uns après les autres et repartent aussitôt. Cette randonnée est juste quelque chose qu’ils rajoutent à leur longue liste de chose faite ou vue. Ils immortalisent la vue avec un selfie pour montrer qu’ils l’ont fait, sans même prendre le temps d’observer le paysage et les lieux qui les entourent. Du coup, que retranscrit cette photo si ce n’est un énième paysage ?

Alors, on se disait bien que les Néo-Zélandais devaient en avoir gros sur la patate d’avoir vu leurs espaces d’évasion changés aussi rapidement avec le tourisme de masse depuis les films du Seigneur des Anneaux. On en a maintenant la confirmation. C’est sûr que notre présence contribue implicitement à ce phénomène, mais on respecte les lieux (déchets) et on essaie de prendre le temps d’en profiter. Sinon il suffirait de télécharger une photo sur Google et de se rajouter dessus. Le résultat est le même…

Quand les glaciers prennent vie

Alors qu’on est retourné dehors profiter du calme et du panorama, on entend subitement un grondement sur le versant du mont Sefton. On se retourne et on voit alors une énorme avalanche dévaler le versant abrupt. C’est un morceau du glacier qui s’est détaché comme une larme d’un corps meurtri. On ne cessera d’entendre ce craquement sourd de la glace, suivi de plus petites avalanches. C’est clair que les montagnes ne sont pas statiques, tu sens vraiment que les glaciers sont en mouvement. D’ailleurs, la hut a été détruite de nombreuses fois par des avalanches l’hiver. Elle a été reconstruite et améliorée au fil du temps.

L’heure du retour

On aurait apprécié de rester dans un endroit pareil pour le coucher et le lever de soleil, malheureusement avec le tourisme et le besoin de confort grandissant des marcheurs, le prix de cette hut est plus chère que d’habitude (36 $ NZ par nuit par personne). Alors, on ne peut pas se permettre d’y dormir. On se serait pourtant contenté d’un matelas entre 4 planches comme dans la Ball Hut à 5 $ ! Misère du tourisme moderne qui tient à importer le confort partout où il passe…

On redescend donc tranquillement en prenant le temps de profiter de cet environnement grandiose. On fait un premier arrêt au point de vue situé au bout de la crête avant la descente dans la Hooker valley. Il faut escalader quelques rochers pour avoir un panorama dégagé. Mais, c’est encore une fois à couper le souffle. On jouit d’un point de vue sur le glacier Mueller en contrebas descendant dans la Hooker valley et des glaciers Frind, Huddleston, Te waewae et Eugenie suspendus au versant du mont Sefton. Comment ne pas se sentir insignifiant face à la montagne imposante et ces géants de glace ! On est comme perché dans le vide au-dessus de cette vallée glaciaire.

La descente dans la Hooker Valley

Le reste de la descente se fait de l’autre côté du versant, ce qui nous abrite des rafales de vent. Hormis la traversée de l’éboulis qui demande un peu de précautions, le reste de l’itinéraire se fait sans grande difficulté. On arrive sans encombre au niveau des lacs de Sealy Tarns qui ont retrouvé leur calme en cette fin de journée. La totalité des touristes a quitté la zone et la lumière est désormais plus propice à la photographie.

On prend tellement notre temps qu’on retrouve Gollum (notre van) seulement à la tombée de la nuit. On mange un morceau avant de ressortir marcher de nuit jusqu’à Kea Point pour admirer les étoiles au-dessus du mont Cook. Quoi de mieux pour finir notre exploration du parc national du mont Cook ?

Notre avis

Les vues qu’offrent cette randonnée sont vraiment spectaculaires. Il serait dommage de bouder son plaisir. Pourtant, on ne peut s’empêcher de regretter que les lieux soient devenus une autoroute à touristes. Alors, cela gâche un peu l’expérience. Toutefois, autour de la hut, il est facile de trouver un petit coin tranquille pour se poser et profiter de la nature qui t’entoure. Avant de se lancer sur le chemin, il ne faut pas sous-estimer son dénivelé et la difficulté du terrain à traverser.

Si ton budget te permet de dormir à la hut pour profiter d’un environnement plus calme, c’est à notre avis le top ! Sinon il faut accepter de monter avant tout le monde et de redescendre après tout le monde comme on l’a fait pour retrouver un environnement alpin plus paisible et silencieux. Ces efforts sont récompensés par des panoramas majestueux du mont Cook et de sa vallée glaciaire dans un silence de cathédrale, où seul le vent fait entendre sa voix.

Expérience :   

Parc national du mont cookPour savoir quoi faire dans les environs du parc national du mont cook, on te conseille notre article : Dans les vallées glacières du mont Cook : plus haut sommet de Nouvelle-Zélande.

Mueller Hut : panorama majestueux du mont Cook et sa vallée glaciaire
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6 Comments

  1. Limousin mc 31 août 2017 à 21 h 29 min - Répondre

    Toujours aussi magnifiques ces photos

    • Pierrick & Sandrine 5 septembre 2017 à 19 h 01 min - Répondre

      Merci 🙂

  2. Agnes 15 décembre 2017 à 1 h 43 min - Répondre

    Salut, je suis à mount cook et j’aurais adoré faire cette rando tellement bien décrite, une fois encore. Malheureusement, je n’ai que l’après midi alors je vais me contenter du 1er point de vue.
    Agnes

    • Pierrick & Sandrine 17 décembre 2017 à 1 h 23 min - Répondre

      Salut Agnès,

      Le premier point de vue est déjà pas mal pour profiter du panorama sur le mont Cook et ses vallées glacières :-). Au final, combien de temps voyages-tu en Nouvelle-Zélande ?

  3. Agnes 17 décembre 2017 à 1 h 44 min - Répondre

    Salut Sandrine et Pierrick,
    Je suis restée 1 mois et je pars ce soir pour l’Australie ! Je vais regarder le blog pour les randos en Australie. Pas toujours pratique à organiser pour moi car je n’ai pas d’auto. J’ai vu que vous aviez vécu au Canada ? Je reste à Montreal depuis 8 ans ! Au plaisir de randonner ensemble la bas si vous y revenez !

    • Pierrick 21 décembre 2017 à 14 h 43 min - Répondre

      Bonjour Agnès,

      On a moins randonné en Australie qu’en Nouvelle-Zélande. Après c’est sûr que sans voiture, c’est plus compliqué du fait de l’immensité du pays et de l’isolement de certains lieux. Si tu as prévu de voyager à l’Est, tu as les Blue Mountains qui sont facilement accessibles depuis Sydney.

      Si tu veux d’autres conseils sur une zone plus précise, fais-nous signe car on est justement en train de rédiger nos articles sur l’Ouest australien. On a pas mal exploré l’Australie à l’exception du Queensland.

      On a effectivement vécu plusieurs années à Montréal. On pense retourner au Canada cette année, alors ce serait un vrai plaisir de faire ta connaissance et pourquoi pas randonner ensemble !

      Au plaisir,
      Pierrick et Sandrine

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