Ball Hut : nuit en refuge au bord du glacier Tasman

Lorsqu’on a découvert la Ball hut sur le site du DoC, on s’est tout de suite dit que cela pouvait être une belle expérience de dormir une nuit dans ce refuge perdu au fond de la vallée à quelques mètres du glacier Tasman. D’autant que c’est un sentier qui semble échapper à l’affluence du reste de la vallée. La randonnée n’est pas très longue (seulement 3h marche) avec un dénivelé assez faible (300 m).

Le refuge fonctionne selon le mode du premier arrivé premier servi et il n’y a que 3 couchages, alors on se demande si on prend ou non la tente. Mais, cela signifierait également emporter avec nous les matelas soit 4 kg supplémentaires à se répartir. Du coup, on fait le pari qu’on aura un couchage et à la place on se permet une petite folie. On emporte tout le nécessaire pour se faire un apéro (chips, bière, etc.) pour notre dernier trek en Nouvelle-Zélande. On se dit que cela pourra aussi servir pour amadouer nos colocataires s’il n’y a pas assez de couchages.

La piste de 4×4

Au début, le sentier est facile. Il n’est pas marqué, mais c’est difficile de se perdre ! En effet, il suffit de suivre l’ancienne piste 4×4 qui mène au refuge. La vue sur cette portion n’est pas très intéressante, car on se trouve de l’autre côté du mur de la moraine. On ne voit donc pas le lac et le glacier, mais simplement la chaîne de montagnes qui borde la vallée.

La route n’est désormais plus praticable en véhicule jusqu’à la hut en raison d’un effondrement. Pourtant, on se fait quand même doubler par un 4×4 transportant des touristes. Mais où va-t-il ?

Vue du glacier Tasman

Le chauffeur s’arrête un peu plus loin et accompagne des touristes en haut de la moraine. Et hop quelques minutes plus tard les voilà de retour dans la voiture. C’est donc cela le tourisme moderne… Faire une photo et repartir sans même prendre le temps d’observer l’environnement qui t’entoure ?

Le chauffeur nous explique que la vue est sympa à cet endroit et il nous conseille de monter en laissant nos sacs en bas. Une fois le groupe parti, on grimpe donc à notre tour sur la moraine. Force est de reconnaître que le panorama a quand même de la gueule. On est au niveau de la fin du glacier avec les falaises de glace qui plongent dans le lac. De ce côté, le terrain est beaucoup plus abrupt. Le remblai de la moraine plonge à pic dans le lac.

Zone d’éboulis

Quelques temps après, la piste s’arrête brutalement. On aperçoit le reste de la route en contrebas, entraîné par un gigantesque glissement de terrain. C’est impressionnant de voir qu’elle est quasiment restée intacte, mais à quelques dizaines de mètres en dessous.

Du coup, le sentier ne suit plus la piste, mais traverse plusieurs zones d’éboulis. Ce n’est pas très rassurant de marcher au milieu de ce type de terrain instable, car tu te dis que rien ne garantit que le reste ne s’effondre pas sans prévenir. On se contente donc à crapahuter au milieu des rochers sans trop réfléchir avant de revenir sur l’ancienne piste au bord de la falaise. À ce moment-là, on se demande bien sur quoi la hut peut être construite !

Arrivée à Ball Hut

On finit par apercevoir au loin une petite cabane rouge perdue au milieu d’une étendue étonnamment large par rapport au reste du parcours. C’est la Ball Hut avec en toile de fond les sommets enneigés ! Personne n’est visible dans les parages. Serions-nous seuls au monde ? Youpi ! La hut est vide et vu l’heure on est quasiment sûre de l’avoir rien que pour nous ! Le refuge est petit, mais tout confort avec matelas et couverture ! Il y a un point d’eau à l’extérieur et des toilettes dans la petite maison dans la prairie . Bref, c’est le luxe !

La vallée glaciaire au coucher du soleil

On pose nos affaires et on part explorer sans plus attendre les environs avant que la nuit tombe. On se rapproche du bord de la falaise de laquelle on perçoit un chemin en contrebas. Tiens, étrange, il n’y a pourtant pas d’accès en amont… On comprend qu’en faites ici aussi c’est tout un pan de la falaise qui s’est effondré simultanément sur plusieurs centaines de mètres. Et que l’on voit le chemin qui aurait été sous nos pieds quelques années auparavant. On comprend définitivement pourquoi le terrain de cette randonnée est qualifié d’instable !

La vallée qui se dessine sous nos yeux à quelque chose de lunaire. Le glacier Tasman et le glacier Ball recouvrent pourtant la vallée, mais ceux-ci sont recouverts d’une couche de roche grise qui masque presque entièrement la glace. Cela contraste avec les sommets enneigés en toile de fond.

Notre solitude permet de percevoir le moindre son de la nature. Le craquement de la glace résonne dans la vallée. À nos oreilles, cela sonne comme une lamentation de la glace qui se meurt. Nous sommes comme figés devant ce panorama vivant. Même ici, il est facile de se rendre compte à quel point le glacier a fondu. Sur la montagne en face une zone vierge de végétation et grise matérialise l’emplacement occupé il y a quelques années par le glacier.

Voici une photo aérienne pour mieux se rendre compte de la fonte du glacier qui s’accélère depuis quelques années.

Un refuge sur la route des alpinistes

Une fois le soleil couché, on s’abrite dans la hut. À 19h, le matériel pour les échanges radio se met en route. Un échange a lieu entre les rangers des différentes hut, afin d’informer les alpinistes de la météo des jours à venir. L’espace d’un instant, on a l’impression de faire partie d’une expédition ! Pas étonnant, nous sommes sur le chemin du Ball Pass ou de l’ascension du mont Cook (une toute autre affaire que la randonnée que nous avons faite).

C’est notre dernier trek en Nouvelle-Zélande, alors pour l’occasion on organise un petit apéro sous un ciel étoilé toujours aussi magnifique. Une certaine nostalgie nous envahit en repensant à tout ce que nous avons vécu en Nouvelle-Zélande. On est à des milliers de kilomètres de la France et pourtant on se sent comme chez nous…

Une matinée parfaite

Au petit matin, on profite de la lumière douce sur le mont Cook et le glacier pour faire quelques photos. Lorsqu’on aperçoit en contrebas un animal. Incroyable, comment a-t-il pu se retrouver ici ? Il ressemble un peu à un chamois, mais avec une fourrure bien plus volumineuse. En faites, on apprendra plus tard que c’est un « bull tahr », un animal s’apparentant à une grande chèvre, originaire de l’Himalaya. Cette espèce avait été importée pour la chasse il y a plusieurs siècles, et son expansion est désormais contrôlée pour qu’elle ne mette pas en danger la flore alpine fragile.

En cette heure matinale, la vallée a quelque chose de mystique.

On essaie d’inspecter la suite de la randonnée qui conduit au Ball Pass pour voir si on pourrait pousser un peu plus haut. Mais, le terrain est particulièrement mauvais. Il y a des éboulis et des glissements de terrain partout. Du coup, on décide de revenir à la hut pour déjeuner tranquillement.

Le retour

Sur le chemin du retour, on en profite pour faire de nombreux arrêts photo. Notamment à la limite entre le glacier et le lac, car ce matin, la lumière est belle. On se pose même un moment pour se donner l’opportunité de voir un morceau de glace qui se détacherait du glacier et tomberait dans le lac, mais sans succès.

Petit moment rigolo vers la fin du sentier, on croise un jeune couple qui veut aller à Caroline Hut. En théorie, c’est au moins 8h de marche aller-retour, mais cela devait leur sembler un peu trop, alors ils nous demandent si ce n’est pas possible de couper directement par la montagne pour aller plus vite. La question aurait pu être légitime si seulement ils n’étaient pas équipés en petites chaussures, sans aucun sac (et donc eau et nourriture) et qu’il était déjà 13h. Euh oui bien sûr… Et la marmotte elle plie le chocolat dans le papier d’alu…

Détour par les Blue Lakes

On termine par un petit détour par les Blue lakes qui sont en fait vert pour l’un et sans couleur particulière pour l’autre. C’est sympa, mais pas non plus extraordinaire.

Par contre, la vue sur le lac Tasman vaut le détour. La météo nous gratifie d’un ciel parfaitement bleu alors cela ne fait que mieux ressortir les montagnes, le lac et les icebergs qui dérivent sur le lac dans cette immense vallée.

Quand on voit Sandrine avec son bâton, on pourrait croire qu’on a randonné des heures pour accéder à ce point de vue. Alors qu’on est à peine à 20 minutes de marche du parking ! Comme quoi, sans être un randonneur aguerri, tu peux déjà voir des paysages impressionnants. Seule l’expérience derrière la photo change.

Notre avis

La randonnée de Ball hut est incontestablement notre coup de cœur du parc national du mont Cook. Cette randonnée hors des sentiers touristiques permet de retrouver un peu de solitude dans le parc. Dormir seul dans cette petite cabane rouge isolée au bout de la vallée à quelques mètres du glacier est une expérience en soi. Mais, l’environnement qui t’entoure n’est pas en reste. On se souviendra encore longtemps de cette vallée glaciaire à l’allure de paysage lunaire en perpétuel mouvement au son des craquements de la glace.

Expérience :   

Parc national du mont cookPour savoir quoi faire dans les environs du parc national du mont cook, on te conseille notre article : Dans les vallées glacières du mont Cook : plus haut sommet de Nouvelle-Zélande.

Ball Hut : nuit en refuge au bord du glacier Tasman
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