Pour partir à la découverte de la région de Bay of Islands, cette région côtière du Northland, nous optons pour le trek du Cape Brett. C’est un trek sur deux jours de 32,6 km aller-retour qui permet de rallier le phare du Cape Brett entre des baies aux eaux turquoise et des falaises déchiquetées. C’est un bon moyen de sortir des sentiers battus dans cette région plutôt touristique. C’est notre premier trek en Nouvelle-Zélande et en prime le 25 décembre, alors la randonnée de Cape Brett va marquer ce Noël loin de nos familles.

Tout savoir sur le trek de Cape Brett

Durée : 2 jours (environ 7-8 h par jour de marche)
Distance : 32,6 km aller-retour
Difficulté : Intermédiaire – Difficile
Départ : petit parking sur le bord de la route de Rawhiti au niveau de la baie de Oke. Coordonnées GPS :  35°13’41.0″S 174°15’48.4″E

Extension pour Deep Water Cove : 45 min aller-retour (1,4 km aller-retour environ)

Détour par Whangamumu Whaling Station : Ajoute environ 8 km (3 km sur chemin et 5 km sur route pour revenir au point de départ de la veille)

Prix : 40 $ par personne pour la randonnée (droit entrée) + 15 $ NZ par personne pour la nuit dans le refuge.

Quelle est la difficulté de cette randonnée ?

Elle est difficile physiquement par sa longueur et son alternance de montées et de descentes, jusqu’à une dernière pente abrupte à gravir avant d’arriver au phare. Mais, le terrain n’est pas difficile, c’est un sentier bien formé tout au long de la randonnée.

Profil d'élévation de la randonnée du Cape Brett

Profil d’élévation de la randonnée du Cape Brett

Refuge du cap Brett (Serviced Hut) :

  • 15 $ NZ par personne par nuit – à réserver et payer par internet
  • Commodités : eau – toilettes – 23 matelas – lumière solaire – réchaud

À savoir : Au lieu de faire l’aller-retour, tu peux réserver un bateau-taxi pour arriver ou partir du refuge (cela a bien sûr un certain coût).

PRÉPARATIFS

La veille du trek, nous nous arrêtons à quelques dizaines de kilomètres du départ du sentier dans une sorte de ferme. Les propriétaires accueillent des voyageurs en woofing (logés contre travail) et mettent à disposition leur terrain en guise de camping. Nous sommes en train de préparer notre sac à dos pour le trek, quand le petit fils de la propriétaire est interpellé par notre mini sapin de Noël. Il lui prend alors l’idée de décorer l’intérieur de notre van avec des élastiques en couleur. Ce qui va l’occuper un moment !

Après ça, Pierrick lui propose de signer son œuvre en réalisant un dessin sur la planche de bois qui se trouve sous notre matelas. Ce qu’il fait avec plaisir ;-). Sa mère nous aborde un peu gênée par le fait qu’il s’invite chez nous. Ce qui en soi nous amuse beaucoup ! Il se trouve qu’elle a déjà fait le Cape Brett et qu’elle le décrit comme challenging par ses montées et descentes à répétition. Elle nous conseille d’amener de l’eau, car celle qui se trouve dans la “hut” (refuge) est salée et donc non potable. Ça va rajouter un certain poids tout ça ! À côté de cela, nous prévoyons des repas légers, avec seulement un peu de chocolat et des mandarines pour marquer le jour de Noël. Malgré le faite que nous sommes loin de nos familles, nous passerons la soirée autour d’un bon repas et en compagnie de notre famille d’adoption et de tout un tas de voyageurs avant d’aller au lit pour être en forme pour le lendemain.

DÉPART DE LA RANDONNÉE DU CAPE BRETT

Après une bonne nuit de sommeil et un gros petit déjeuner, nous sommes sur le départ. Bien que nous n’ayons pas de tente ni de réchaud, notre sac à dos fait près de 15 kilos avec la réserve en eau ! Dès la première montée, on croise plusieurs de nos futurs compagnons de hut (refuge). Certains semblent déjà essoufflés, aïe, aïe, aïe, ça va être dur.

Les premiers kilomètres sont pentus. Heureusement, nous sommes dans la forêt, alors le soleil ne nous frappe pas directement sur la tête. Puis, le sentier fait le yoyo : montée, descente, montée, descente, etc. La densité de la forêt nous empêche d’avoir une vue décente sur la baie. C’est un peu frustrant. À midi, nous arrivons au niveau d’une petite cabane pour les chasseurs. Par chance, il y a une table à l’extérieur. C’est parfait pour une pause pique-nique et un repos bien mérité ! D’autant que les environs nous offrent nos premiers panoramas sur les environs.

DÉTOUR PAR DEEP WATER COVE

Nous avons parcouru 11 kilomètres lorsque nous arrivons au panneau affichant le détour pour Deep Water Cove, une petite baie où l’on espère pouvoir se baigner. Après 11 km de marche, ce serait bien apprécié. Cette baie a du charme, malheureusement nous devons vite oublier l’idée de s’y baigner. L’eau est infestée de méduses ! Nous allons donc plutôt admirer la couleur de l’eau et écouter le bruit des vagues avec un repos bien mérité avant de repartir pour 5 derniers kilomètres de marche.

Trente minutes plus tard, nous voilà prêts à refaire les 700 mètres pour rejoindre le sentier principal. La descente facile de l’aller se transforme en montée éreintante avec le poids du sac à dos. À défaut de se plonger dans l’eau, il faut se replonger dans la forêt. Heureusement, sur la suite du sentier, la végétation se fera bientôt moins dense et découvrira la vue. Nous marchons ainsi de sommet en sommet en enchaînant les montées et les descentes. Chaque montée se fait de plus en plus dure. Heureusement le paysage devient de plus en plus grandiose avec des falaises abruptes qui plongent dans l’océan.

En fin d’après-midi, nous arrivons au pied de la dernière côte et non des moindres. Celle-ci trône fièrement sous nos yeux comme pour nous dire que ce n’est pas fini les amis ! Juste de quoi achever Sandrine. Nous finissons cette dernière montée presque sur les genoux. Seul le fait de se retrouver sur la crête de la montagne totalement à découvert nous fournit l’énergie nécessaire pour continuer. En chemin, nous trouvons des oisillons à même le sol. On les décale un peu à l’aide d’une branche (pour ne pas leur donner notre odeur) pour s’assurer qu’ils ne se fassent pas écraser. Mais nous ne sommes pas très optimistes quant à leur sort. Il a surement dû arriver quelque chose à leur mère pour qu’ils se retrouvent ici.

PHARE DU CAP BRETT

Enfin, après 16 km de marche en yoyo nous apercevons le phare du Cape Brett. Depuis le haut du dernier dénivelé, la vue est splendide. On aperçoit le toit rouge du refuge tout au bout de la péninsule verdoyante. C’est l’ancienne maison des gardiens de phare. Tout autour, il y a seulement l’océan et une île formée d’un énorme rocher escarpé : Otuwhanga Island. Je ne sais pas pourquoi on trouve un côté écossais à cet environnement.

Il ne nous reste plus qu’à descendre pour atteindre notre chaumière pour la nuit . Nous ne sommes pas les premiers arrivés en cette fin d’après-midi. Certaines des personnes sont arrivées par bateau (bouh, les tricheurs ;-)). Le confort est sommaire, mais pour nos esprits de globetrotteurs, cela nous apparaît presque un luxe de retrouver un toit. De grandes tables et bancs en bois, des réchauds et même des ustensiles sont disponibles. Avec son style d’origine et ses grandes fenêtres, ce refuge à un charme authentique certain.

On se met donc dans la peau d’un gardien de phare pour la nuit. Avec les 16 km dans les pattes, les nouilles, clémentines et chocolat sont pleinement appréciés. Il ne nous reste plus qu’à profiter du coucher de soleil avant le repos du guerrier.

RETOUR – EXTENSION PAR LA RANDONNÉE DE WHANGAMUMU

Dès 6h, nous sommes réveillés par la lumière qui traverse les grandes vitres du refuge. Des marcheurs sont déjà debout et en train de se préparer. Même en prenant le temps d’échanger avec nos colocataires pendant le petit déjeuner, nous sommes sur le départ dès 8h. Nous n’avons pas de courbatures, mais nos jambes sont fatiguées.

Ce matin, le temps est plus couvert, mais nous apprécions tout autant le paysage. Nous avalons le maximum de kilomètres ce matin, sans nous arrêter. Car la reprise est plus difficile après une longue pause ou le repas de midi.

Nos voisins de chambre nous ont conseillé un chemin différent pour le retour. Un détour par Whangamumu Whaling Station permet de découvrir de magnifiques baies. Cette alternative rajoute quand même 8 kilomètres au chemin initial, mais alléchés par leur description, l’envie de découvrir l’emporte.

Nous optons donc après 11 km de marche, pour cet itinéraire alternatif. On ne va pas être déçu de notre choix, car la première baie est paradisiaque : eau turquoise, sable clair et personne dans les parages. Cette fois, il n’y a pas de méduses aux alentours alors on ne se fait pas prier pour une pause baignade et casser la croûte à l’ombre des palmiers  !

Après, ça, la reprise est difficile, car il y a encore des montées. La fatigue se fait sentir. Nous suivons ainsi d’autres baies pendant plusieurs kilomètres. La vue depuis les hauteurs est tout aussi jolie. La couleur de l’eau ressort d’autant plus depuis les hauteurs.

ANCIENNE STATION DE PÊCHE DE WHANGAMUMU

Nous arrivons enfin à la Whangamumu Whaling Station, une ancienne station de chasse de la baleine. Il ne reste plus que quelques rails à moitié dans l’eau et des ruines agrémentées de panneaux explicatifs. La baie nous dévoile également son charme avec pas mal de bateaux amarrés au milieu (les petits veinards).

On laisse cette baie derrière nous pour parcourir les derniers kilomètres qui nous séparent de la route. À ce moment-là, il nous reste théoriquement encore 5,5 km de marche jusqu’au van. Nous espérions faire de l’auto-stop, mais la route reste déserte. Nous n’avons donc d’autre choix que de marcher.

Sur la route, ce premier kilomètre nous semble interminable avec la fatigue. Alors nous changeons de stratégie. Sandrine reste sur le bas-côté avec les sacs à dos, tandis que je continue de marcher jusqu’au van (priorité aux femmes et aux enfants comme on dit ). Sans le poids du sac, j’ai l’impression de voler au point que je pars en footing (oui oui après plus de 17 km de marche dans les jambes, moi aussi j’ai du mal à le croire).

Et puis, c’est dans ce genre de moment que la magie du voyage opère. Moins d’un kilomètre après mon départ, j’entends le bruit d’une voiture qui arrive dans mon dos. Ni une ni deux, je me mets direct en position du pauvre auto-stoppeur qui a besoin d’aide. Une dame accompagnée de ses enfants qui rend visite à de la famille pour Noël se propose gentiment de me déposer à mon véhicule. Tu penses bien que je n’ai pas pu refuser la proposition ! Quinze minutes plus tard me revoilà donc déjà de retour vers Sandrine au volant de notre cher van : Gollum.

Notre avis sur la randonnée de Cape Brett

La randonnée de Cape Brett était notre premier trek en Nouvelle-Zélande et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on a commencé fort avec 38 km de marche en 2 jours ! Nous avons quand même adoré cette expérience. Notamment le fait de dormir dans l’ancienne maison du gardien de phare avec une impression de bout du monde. En ce qui concerne les paysages, les plus intéressants sont ceux des falaises au bout du Cape Brett et les plages du côté de Whangamumu Whaling Station. Le reste de la randonnée est assez monotone, car on est souvent dans la forêt sans aucune vue. Le seul bémol est le prix non négligeable que l’on doit payer pour effectuer ce trek en raison de la traversée d’une terre privée maorie. Mais ce trek reste de loin ce que nous avons préféré dans la région de Bay of Islands. En résumé, la randonnée de Cape Brett est un excellent moyen d’explorer la région de Bays of islands.

Expérience :   

Pour en savoir plus sur ce qu’il y a à faire d’autres dans la région, consulte notre article sur notre Road-trip dans le Northland.

Far north - Cape reinga

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Randonnée de Cape Brett : un air de bout du monde dans la Bay of islands
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