Traversée épique de la Gibb River dans la nature sauvage des Kimberley

Pour finir notre road-trip en Western Australia, on se lance sur la célèbre piste de la Gibb River. Cette piste est souvent vendue comme l’aventure suprême de l’outback australien. Longue de 660 km, elle relie les villes de Derby et Wynham en traversant la région « désertique » des Kimberley. La route est uniquement praticable en 4×4 lors de la saison sèche en raison de la traversée de plusieurs rivières. En chemin, pas de réseau téléphonique, pas d’hôtel, mais des campings rudimentaires, peu d’eau potable et une seule homestay avec station essence au prix exorbitant.

Alors, le moindre incident mécanique peut vite devenir une vraie galère ou au mieux se traduire par une facture salée. Tout cela fait que cette piste ne se prend pas à la légère et demande un peu de préparation avant de se lancer dans l’aventure. Mais d’un autre côté c’est aussi cela qui fait son charme !

Préparatifs

Il nous reste 4 jours avant de devoir refaire la route jusqu’à Darwin. C’est suffisant pour un bon aperçu de la Gibb River road. On aimerait visiter une ou deux gorges dont Bell Gorge et surtout voir de nos propres yeux les grandioses Mitchell falls.

On s’est donc préparé à cette expédition en s’assurant des choses suivantes :

  • Avoir au moins un pneu de rechange (pas toujours le cas dans les voitures de location)
  • Avoir suffisamment d’essence de manière à revenir à Kununurra sans devoir en reprendre en route (économie importante par rapport à la station en chemin où le litre dépasse les 2$ !). Nous avions avec nous 3 bidons de 24L d’essence en plus du plein du véhicule.
  • Avoir d’importantes réserves d’eau : pour 4 jours on part avec 50L d’eau potable.
  • Avoir de quoi manger, il n’y a pas de supermarché en chemin.
  • Diminuer la pression des pneus avant d’entamer la piste (fait à Fitzroy Crossing).
  • Dernière vérification et pas des moindres : vérifier que la piste est ouverte. Et oui cela peut sembler bête, mais même en saison sèche, il arrive qu’après de fortes pluies la route soit temporairement fermée.

Avec tout ça, il n’y a plus qu’à…. À nous la grande aventure ! On commence à avoir une petite expérience des pistes australiennes avec la Tanami Road et la piste d’accès à Purnululu. Mais, celle-ci semble encore un niveau au-dessus, alors on a quand même une petite appréhension.

Km 125 – Accès par la piste de Fairfield Leopold Downs

On vient de Purnululu, alors pour économiser quelques centaines de kilomètres, on a pris un raccourci par la piste de Fairfield Leopold Downs juste après le village de Fitzroy Crossing. Il faut dire que les 120 premiers kilomètres de la Gibb River road depuis Derby sont de toute façon en majeure partie goudronnés et qu’aucun point d’intérêt ne jalonne cette section. On ne loupe donc pas grand-chose.

En chemin, on a été surpris par le monde présent dans les parcs nationaux de Tunnel Creek et de Windjana Gorge. On commence à se demander si les vacances scolaires des australiens n’ont pas débuté pour avoir autant de monde dans cette région reculée. On espère qu’une fois sur la piste de la Gibb River, ce sera plus calme. Elle est quand même décrite comme l’expérience authentique de l’outback, l’aventure avec un grand A. Alors, c’est tout excité qu’on arrive au carrefour avec la légendaire piste de la Gibb River. On y est !

Des débuts confiants

On trouve que la piste est bien entretenue et même plutôt roulante. On s’attendait à bien pire qu’une piste large et sans corrugations. Alors, on roule facilement entre 80 et 100 km/h. D’autant qu’on ne croise pas beaucoup de véhicules. La végétation au bord de la piste nous rappelle la savane africaine.

Gibb river road en Australie

On aimerait bien s’arrêter pour pique-niquer, mais avec la poussière générée par le passage des véhicules, le bord de la route ne s’y prête pas du tout. On décide donc de faire un détour par Lennard Gorge et d’en profiter pour se baigner dans la gorge.

Km 195 – Lennard Gorge

Les 8 km de piste menant à Lennard Gorge sont un peu plus rocailleux et étroits que la Gibb River. La végétation qui entoure la piste est jaunie par le manque d’eau. On a toutefois droit à la traversée d’un ruisseau. Enfin, un peu d’aventure est-on tenté de dire  ! Ce ruisseau fait un peu peur, car des gros rochers parsèment l’endroit. Alors, on avance avec précaution pour ne pas endommager la voiture. Le sel de l’aventure qu’on était venu chercher sur la Gibb River road, on le trouve finalement sur une piste annexe.

On arrive sur un parking vide. Chouette ! On prend le pique-nique, notre maillot de bain et on se lance immédiatement sur le sentier. On s’attend à découvrir une gorge isolée invitant à la baignade. Il faut dire qu’on a vu une photo sympa avec une cascade. Le sentier n’est pas très plaisant sous la chaleur qui sévit en milieu de journée. Mais, il nous permet pour la première fois de découvrir les paysages des environs.

Finalement, on arrive à une gorge, mais ce qu’on n’avait pas prévu c’est quelle serait 50 mètres en dessous. Il n’y a pas non plus de cascade en cette fin juin. Elle doit seulement exister en saison humide ou à la fin de celle-ci. La gorge est tellement abrupte qu’il paraît difficile d’atteindre le bassin niché au creux de la gorge. On a un peu l’impression d’être venu pour rien : pas de baignade, pas de jolie vue et en plus avec la chaleur, on n’a plus faim ! On décide donc de faire rapidement demi-tour pour aller à Bell Gorge.

Lenard gorge sur la gibb river road

Km 219 – Bell Gorge

De retour sur la piste de la Gibb River, on avale de nouveau la poussière et les kilomètres. La piste prend à un moment un peu de hauteur et on passe devant un endroit qui ferait office de bivouac idéal pour la nuit avec une vue surplombant les environs. On hésite un moment, mais on préfère poursuivre jusqu’à Bell Gorge.

Gibb river road en Australie

À la bifurcation pour Bell Gorge, il reste seulement 29 km de piste à parcourir. Mais, la piste est plus étroite et sinueuse que la Gibb. On ne dépasse donc guère les 50 km/h sur cette portion. Cela va être juste d’arriver avant le coucher du soleil. Mais, le destin va encore une fois décider pour nous. Vingt kilomètres plus loin, un panneau barre la route et indique fermé. Après discussion avec l’intendant du camping, on apprend que la gorge est fermée après 16h pour des raisons de sécurité… C’est donc encore raté pour nous ! Comme on a fait la route jusqu’ici, on décide de faire contre mauvaise fortune bon cœur et de profiter des commodités du camping de Silent Grove juste à côté.

Silent Grove – un camping tout confort, mais bondé…

Le bénévole à l’accueil vérifie minutieusement l’argent qu’on met dans l’enveloppe et notre pass. Cela nous fait un drôle d’effet. Il ne semble pas nous faire confiance, sans doute en raison de notre tête de backpacker français … C’est la première fois que cela nous arrive en 4 mois de voyage en Australie. Lorsqu’on lui demande des conseils sur quoi faire dans les environs, il ne nous parle que de gorges payantes et de homestay à l’intérêt limité et bizarrement nous déconseille d’aller aux Mitchell falls. À se demander si le touriste n’est pas dirigé uniquement vers les attractions payantes au détriment des autres… Après, c’est peut-être aussi tout simplement parce qu’on ne recherche pas la même chose que les autres touristes.

Une fois dans le camping, on se rend compte que celui-ci est bondé. Tous les endroits sympas sont déjà pris ! Et les campeurs sont plus ou moins entassés les uns sur les autres, car il n’y a pas vraiment de site numéroté. On trouve donc un endroit de quelques m2 à côté d’une table. Pendant notre installation, les campeurs australiens installés de l’autre côté nous regardent avec insistance assis dans leurs transats. L’intendante du camping après avoir discuté avec eux, vient nous voir et nous dit qu’on ne peut pas rester là, car ils veulent utiliser le feu situé juste à côté alors qu’ils se sont installés ailleurs. Ah ouais ok, super… Déjà, ils auraient pu venir nous le dire eux-mêmes et puis pourquoi ne se sont-ils pas installés ici alors ?

On demande s’il y a une autre table histoire de ne pas manger par terre, mais on nous répond que non. Apparemment, les premiers arrivés s’approprient les quelques tables du camping et pour les autres, démerdez vous. Pour une fois qu’on paie le camping, on ne peut même pas disposer d’une table pour ne pas manger par terre… Bel état d’esprit… Vive le camping sauvage !

On installe donc notre campement sur un petit carré de terre au pied d’un arbre et on se dépêche de manger dehors avant la nuit. En nous voyant manger par terre, un couple avec deux enfants nous propose gentiment de partager leur table. Cela fait chaud au cœur de voir que certaines personnes ont encore un peu de compassion.

On n’a jamais été dans un camping aussi bondé de tout notre voyage en Australie. Il y a notamment pleins de familles. Les vacances scolaires ont dû commencées. Nous qui étions venus chercher une expérience « wilderness » dans la solitude des Kimberley, cette première journée sur la Gibb River nous laisse clairement sur notre faim pour ne pas dire qu’on est déçu.

On essaie de rester positif quand même en se disant que demain est un autre jour. Mais en raison du monde, décision est prise de se lever à 5h du matin pour profiter de Bell Gorge dans la solitude et le calme avant de filer pour les Mitchell falls. Pourquoi ? Parce que les enfants revenant avec des frites sous le bras, nous fait dire que les lieux doivent plus se rapprocher d’une piscine municipale que d’une gorge naturelle. Le point positif de la soirée, c’est qu’on profite d’une bonne douche, une première depuis pas mal de temps…  !

Bell Gorge dans l’intimité du lever de soleil

À 5h tapante, on se réveille étonnement sans trop de difficultés. Tout excité par l’idée de découvrir l’une des plus belles gorges de la Gibb River road. On démonte notre campement en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et on prend la piste, direction Bell Gorge. Lorsqu’on part, le jour n’est pas encore levé, on roule donc avec vigilance pour ne pas prendre de risque.

Bell gorge dans les Kimberley sur le Gibb river road

À l’arrivée, on est bien entendu les premiers à se lancer sur le sentier (environ 1,8 km aller-retour). Avec le soleil qui commence tout juste à pointer le bout de son nez, l’endroit révèle toute sa beauté. La végétation luxuriante se reflète à la surface de l’eau. Quelques palmiers bordent le bassin. L’ambiance des lieux est d’un calme absolu. Il n’y a pas même le son d’un oiseau. Seul le son de la chute en contrebas anime l’endroit.

Après une traversée du bassin à moitié sur des rochers et les pieds dans l’eau, le sentier descend au niveau du bassin dans lequel des chutes se jettent. Et là, quoi dire à part Waouh ! L’endroit est tout simplement magique.

Avec la fraîcheur du matin, on « skip » la baignade pour simplement admirer les lieux en petit-déjeunant sur place. Quel meilleur décor peut-on imaginer pour commencer la journée ? La lumière du soleil descend petit à petit sur les parois de la gorge lui donnant cette teinte flamboyante. On assiste à ce spectacle en communion totale avec la nature.

Bell gorge dans les Kimberley sur le Gibb river road

De quoi définitivement nous réconcilier avec notre impression de la veille. On a bien fait de persister ! On restera dans le coin jusqu’à 8h du matin, avant de revenir sur nos pas. Car, c’est 8h de conduite sur piste qui nous attend ! En chemin, on croise les premiers visiteurs, et sur le parking il y a déjà une dizaine de voitures garées, incroyable ! Il doit vraiment y avoir du monde en pleine journée !

Gibb River road – Le retour

Gibb river road en AustralieDe retour dans la poussière de la piste, on se retrouve bloqué derrière deux caravanes. La première nous laisse rapidement passer, mais pas la deuxième. Cela nous oblige à ralentir et prendre nos distances, car la poussière soulevée rend la visibilité quasiment nulle. Heureusement à l’intersection avec la Gibb River road, nos chemins se séparent.

Quelques kilomètres plus loin, on passe devant Imintji Store, une des deux principales roadhouse de la Gibb River road. On ne s’arrête pas car on ne manque de rien. À part quelques ondulations, la piste de la Gibb River reste encore une fois roulante. On est même en mesure de faire des pointes jusqu’à 110 km/h sans prendre non plus de risques inconsidérés. Une certaine monotonie commencerait presque à s’installer. Un comble pour une des pistes réputées les plus dures d’Australie !

Heureusement, la piste prend parfois un peu de hauteur pour nous offrir un panorama des alentours. Ce qui nous change de la végétation en bord de route recouverte de poussière. Mais clairement l’intérêt de la piste, ce sont les gorges qui jalonnent le parcours, car le paysage n’est pas non plus extraordinaire.

Malheureusement pour accéder aux autres gorges, il faut souvent payer un droit d’entrée, car elles sont pour la plupart sur des propriétés privées. Hé oui tu as bien lu ! On te vend la Gibb River road comme une expérience wilderness (sauvage), mais honnêtement cela semble de moins en moins vrai. L’appât du gain a fait son œuvre. Alors, après c’est un choix personnel mais pour notre part, cela nous fait chier de payer à chaque fois des sommes non négligables pour simplement voir une gorge ou prendre un bain (par exemple 20$ par personne pour Manning gorge). Surtout que les lieux risquent d’être pas mal fréquentés à chaque fois.

On file donc directement aux Mitchell Falls. Seule la traversée des ruisseaux amène un peu de fun à la route. Il nous faudra bien 2h pour rejoindre la bifurcation avec la Kalumburu road, la piste menant aux Mitchell Falls.

Mitchell Falls or not ?

On profite de l’aire de repos au croisement pour faire une pause et remplir nos estomacs qui crient famine. On est un peu surpris de voir que des bus de touristes (à 4 roues motrices bien sûr) se dirigent aussi vers les Mitchell Falls. Quoi ! Là-bas aussi c’est touristique ?! On voit même un van emprunter la piste ! Une hésitation commence à germer dans notre esprit. On a peur d’être déçu… D’autant qu’il faut rouler 500 km aller-retour. Mais, d’un autre côté, on se dit qu’on ne reviendra jamais ici. Alors, on se lance !

Deux jours plus tard, à peu près à la même heure, on se retrouve de nouveau sur cette même aire de repos. Mais cette fois, plus de doute, les Mitchell Falls sont notre coup de cœur de la piste de la Gibb River. Pour retrouver notre visite de ce lieu exceptionnel, lis notre article :  Le plateau sauvage des Mitchell falls.

La gestion des déchets sur la Gibb River Road

Le retour sur la piste de la Gibb River est un vrai plaisir après deux jours passés sur la piste défoncée de Kalumburu. La première attraction sur la route est une déchetterie à ciel ouvert. C’est un des 2 endroits sur la piste où il est possible de laisser ses déchets. En réalité, il s’agit seulement d’un énorme container grillagé. Mais, le grillage est tellement large que tout s’envole dans la nature. On décide donc de garder nos déchets jusqu’à notre retour à Kununurra plutôt que de les laisser se disperser dans l’environnement. Franchement cela n’est pas digne d’un pays aussi riche que l’Australie. Autant ne rien mettre et demander aux gens de conserver leurs déchets jusqu’à la prochaine ville…

Km 600 – La Pentecost river

Cette portion de la Gibb River Road est un peu moins bonne et demande une vigilance accrue. Il y a pas mal de cailloux sur la piste et avec sa réputation de hacheuse de pneus, on ne peut pas s’empêcher de craindre la crevaison. Après 2h de conduite intense, on fait une pause sur un point de vue surplombant la plaine et notamment la chaîne de montagnes des Pentecost avec ces fameuses falaises rouges au loin. Ce panorama est de loin notre coup de cœur de la piste de la Gibb River. En contrebas, on aperçoit notre prochain challenge : la traversée de la rivière Pentecost.

Gibb river road en Australie

Une fois sur les rives de la rivière, on sort de la voiture pour observer les lieux avant de se jeter à l’eau. On s’approche prudemment, car les lieux sont réputés infestés de crocodiles. Après, d’autres personnes qui traversent la rivière à pied n’ont pas l’air de trop se poser de questions. À cette période, le niveau de la rivière est assez bas, il doit y avoir 40-50 cm environ. C’est impressionnant de voir les autres 4×4 et surtout les caravanes traverser. En tout cas, ce lieu est très photogénique. On comprend pourquoi on voit toujours cette rivière en photo dans les pubs de la Gibb River Road. C’est bien le plus bel endroit de toute la piste.

Pencost river sur la Gibb river road en Australie

Maintenant, c’est à nous de traverser ! L’adrénaline monte… Il y a toujours un petit stress avant une traversée, on se demande si on va arriver jusqu’au bout sans dégâts. Une fois le mode low-gear enclenché, la voiture avance. La voiture tangue sur les rochers, mais cela fait partie du folklore de la chose. C’est impressionnant et amusant à la fois ! On est content d’avoir relevé ce défi !

Bye bye la Gibb

Le soleil est déjà en train de se coucher à l’horizon lorsqu’on longe les falaises ocres de la chaîne de montagnes des Pentecost avec des baobabs sur le bord de la piste. C’est dans ce décor que l’on assiste au coucher du soleil. On finit donc la Gibb en beauté. C’est magique !

Gibb river road en Australie

On repart avant qu’il ne fasse totalement noir, car on préfère éviter de rouler de nuit sur la piste. Quand on retrouve le bitume, cela nous semble bien lisse et monotone. Mais la journée n’est pas encore finie. Nous devons rejoindre Kununurra pour laver la voiture, regonfler les pneus et faire le plein de carburant et trouver un endroit où dormir. Avant d’enchaîner deux grosses journées de conduite jusqu’à Darwin. Point final de notre séjour en Australie. Et oui déjà ! La vie de globetrotter n’est pas de tout repos  !

Baobab sur la Gibb river road en Australie

Notre avis

Finalement, on ressort de cette expérience plein d’émotions et d’images dans la tête. On était un peu déçu au départ que la Gibb River Road soit aussi touristique et que les paysages soient monotones. Mais la suite a rattrapé nos premières impressions : Bell gorge au lever du soleil, la fin de la route avec ses falaises rouges, ses baobabs et la traversée de la Pentecost river sont juste mémorables. Et puis, l’isolement des Mitchell Falls, sa piste challenging et ses peintures aborigènes magnifiques sont aussi un coup de coeur. Cette aventure est définitivement une de nos plus fortes expériences d’Australie. On pense qu’il faut au moins 3 jours pour profiter des intérêts de la Gibb River Road (sans compter l’extension aux Mitchell Falls).

Expérience :   
Traversée épique de la Gibb River dans la nature sauvage des Kimberley
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2018-01-30T13:17:01+00:000 commentaire

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