Après une semaine à randonner dans les environs de Sembalun avec le trek du Rinjani et notre ascension du Gunung Pergasingan, on décide de prendre quelques jours de vacances. Et oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, quand on voyage au long cours, on a aussi besoin parfois de prendre quelques jours de repos. Le voyage perpétuel finit par user le corps et l’esprit. Décision est donc prise de prendre la direction des îles Gili et plus précisément de Gili Meno pour un repos bien mérité.

Les îles Gili sont ces trois petits îlots de quelques kmsitués au nord-ouest de l’île de Lombok. Chacune bien qu’entourée de plages de sable blanc et de récifs coralliens offre une ambiance différente. Cela semble le cadre idéal pour réaliser son rêve de Robinson Crusoé. Malheureusement, ces îlots sont un peu victimes de leur succès.

Quelle île Gili est faite pour toi ?

En fonction de ce qui t’amène aux îles Gili, la réponse à cette question sera différente. Cherches-tu à faire la fête ? Ou bien cherches-tu à t’éloigner des foules ? Voici quelques éléments pour tenter de faire ton choix.

Gili Trawangan: l’île pour faire la fête

Il s’agit de la plus grande mais de la plus urbanisée et animée des trois îles. L’ambiance à Trawangan est clairement festive avec des visiteurs venant des 4 coins du monde.

Activité possible : école de plongée, snorkeling, clubbing, plage, marché nocturne, vélo …

Logement : grande variété de logements (auberge, bungalows, complexe haut de gamme, etc.)

Restaurant : vaste choix de restaurants pour tous les goûts et tous les budgets.

Cette île est donc plutôt faite pour toi si : tu aimes faire la fête, tu voyages seul et/ou tu aimes te mêler à d’autres voyageurs…

Gili Air: l’ambivalente

Gili Air est un mélange des deux autres Gili. Elle possède des installations qui n’ont rien à envier à celles de Gili Trawangan (restaurants, hôtels) tout en étant  beaucoup plus paisible.

Activité : quelques écoles de plongée, snorkeling, quelques soirées, plage, vélo …

Logement : essentiellement des bungalows.

Restaurant : vaste choix de restaurants pour tous les goûts et tous les budgets.

Cette île est faite pour toi si : tu veux te détendre sans t’ennuyer et profiter d’installation plus haut de gamme que celle sur Gili Meno.

Gili Meno: la paisible

Meno est la plus petite et la plus calme des trois Gili. C’est sans doute celle qui est restée la plus authentique avec la partie occidentale de l’île quasiment vierge de toute construction avec de belles plages de sable blanc et une eau cristalline.Comme on souhaite retrouver un peu de calme après la foule du Rinjani, on pose notre dévolu sur cette île.

Activité : snorkeling, plage.

Logement : offre limitée de logements.

Restaurant : offre limitée de restaurants.

Cette île est faite pour toi si : tu veux te reposer et te détendre, tu ne t’ennuies pas facilement, tu cherches une île pas trop urbanisée.

Comment s’y rendre ?

Depuis Lombok

Comme on est déjà sur Lombok, on arrive par un concours de circonstance (voir notre précédent article sur le trek du Rinjani) directement à proximité du port de Bangsal. En remontant à pied la rue de Pemenang – Bangsal pour rejoindre le port, on passe devant tout un tas de stands qui vendent des tickets pour les bateaux publiques et des rabatteurs qui te sollicitent tous les 10 mètres. Comme tout n’est pas toujours très clair en Indonésie, on a un petit moment d’hésitation. Mais, on décide finalement d’attendre d’être sur le port pour voir de quoi il en retourne réellement. C’était la bonne décision car il existe une billetterie officielle sur le port avec des prix clairement affichés. Du coup, autant te dire qu’acheter ses billets ailleurs sera à coup sûre une arnaque.

Le bateau publique reste le moyen le moins cher pour se rendre sur les îles Gili tout en étant le plus authentique (retrouve les prix dans nos Tips du voyageur). Pour monter dans les bateaux, il n’y a pas d’autre choix que de mettre les pieds à l’eau. Alors, en fonction de la météo l’exercice peut se révéler plus ou moins folklorique. Avec la mer calme on a déjà eu le droit à de l’eau jusqu’aux genoux.

Une fois sur l’embarcation, on se retrouve vite entassé avec les dizaines d’autres touristes et les bagages sans oublier les chargements pour réapprovisionner les îles. Ce n’est pas très rassurant de se retrouver aussi nombreux et chargés sur ces petites embarcations en bois. Quand la mer est calme ce n’est pas un problème mais avec des vagues cela doit bien tanguer.

Depuis Bali

Il est également possible de se rendre aux îles Gili depuis Bali grâce à des bateaux rapides au départ des ports de Benoa, Sanur, Padangbai et Amed. Certains passent par l’île de Nusa Lembongan et la plupart accostent auparavant au port de Teluk Nare au nord de Senggigi à Lombok avant de continuer vers les îles Gili.

Où se loger à Gili Meno ?

Eco Hostel

On n’a pas réservé le moindre hôtel avant de venir sur l’île. Depuis qu’on voyage en Indonésie, on a pris l’habitude de voir une fois sur place. D’une part pour découvrir des hôtels qui ne sont pas visible sur les sites internet de réservation et le plus souvent tenus par des locaux. D’autre part, car cela permet de s’assurer du prix qui est réellement versé au propriétaire de l’hôtel. Un voyageur rencontré au cours de notre périple nous a conseillé l’Eco Hostel. On décide donc d’aller voir si des chambres sont disponibles.

Le bateau publique nous débarque sur la côte orientale de l’île. C’est là où se trouve la majorité des hôtels, des bars et des restaurants. La première chose qui saute aux yeux ici par rapport à Lombok et Bali, c’est la calme des lieux. Ici pas de brouhaha de circulation incessante. On se déplace à pied ou en vélo. Une atmosphère romantique se dégage très vite des lieux avec une succession de petits cabanons en toit de chaume qui borde la plage. La réputation d’île de lune de miel n’est pas usurpée.

Gili Meno Eco Hostel est une sorte d’auberge de jeunesse construite avec la volonté de respecter au maximum l’environnement. Par exemple, l’eau potable est mis à disposition à partir d’un gros bidon commun pour éviter la prolifération des bouteilles en plastique. Les toilettes sont des toilettes sèches et l’hébergement se constitue de cabanes en bois ouvertes sur la nature et sans climatisation. Il est possible de venir préparer à manger dans la cuisine commune ouverte sur un espèce de salon/bar dans lequel des fauteuils, hamacs sont disposés avec en toile de fond la plage. Un ambiance hippie se dégage vraiment des lieux et donne immédiatement envie de poser ses valises  ! Dormir dans ces cabanes perchés au milieu des arbres est en tout cas une super expérience qu’on recommande à tous les voyageurs qui viennent faire un tour sur Meno.

Ko Uchi Bungalows

Au cours de notre séjour sur Meno, on a également passé quelques nuits à l’hôtel KO Uchi Bungalows. Il s’agit d’un petit hôtel tenu par un indonésien au milieu de l’île en retrait des plages. Il y a seulement deux cabanons en toit de chaume au milieu d’un écrin de verdure. Rien de luxueux et d’extravagant au contraire, le bungalow fait même un peu vieillot. Mais, c’est justement cela qui lui confère une authenticité plus grande que celle des grands complexes hôteliers. Il répond à tout ce dont on a besoin : un toit, un lit, une salle de bain et même un coin salon extérieur. Petit truc amusant, la salle de bain est extérieure. C’est tout une expérience de se doucher en plein air à l’abri des regards bien sûr.

L’intendant de l’hôtel est adorable. On a passé de longues heures à discuter avec lui. Il a été porteur sur le trek du Rinjani quand il était jeune et ses récits nous confirment la dureté de ce métier. Maintenant, il travaille sur les îles Gilis dans cet hôtel, mais sa famille est restée vivre à Senaru notamment ses enfants pour pouvoir aller à l’école. Il faut avouer que les îles Gili sont typiquement le genre d’endroit qui se développe uniquement pour le tourisme. Les Indonésiens peuvent seulement venir y travailler en raison de l’absence d’infrastructures et du coût exorbitant du logement. Avec le prix des taxis sur Lombok, il ne peut rendre visite à sa famille que tous les deux ou trois mois. L’impact néfaste du tourisme se matérialise sous nos yeux dans le quotidien des locaux.

Dans les deux hôtels, il faut s’attendre à recevoir la visite d’invités surprises. Les chambres étant ouvertes sur l’environnement extérieur. On a ainsi eu le droit à une sorte de scarabée géant qui se baladait sur le lit. Un autre jour, on a découvert un scorpion dans le lavabo de la salle de bain. Vivre en symbiose avec son environnement comporte son lot de risques  !

Où manger / boire à Gili Meno ?

Après notre semaine de randonnée autour de Sembalun et de repas pour le moins frugale, on a envie de se faire plaisir. Notre budget de voyageur au long cours ayant lui par contre ses limites on se met à la chasse aux restaurants meilleur marché de l’île.

L’avantage d’être dans un lieu touristique, c’est que l’offre des restaurants s’occidentalisent. Au bout d’un mois de nouilles et de riz frits, cela peut apporter une variété salvatrice. Mais, bien souvent le prix va avec. On s’est donc plutôt cantonné aux restaurants locaux. On retient trois coups de cœur :

  • Pacman : il s’agit d’un tout petit warung en plein cœur de l’île. La cuisinière est une indonésienne d’une gentillesse adorable. On y trouve bien entendu que des spécialités indonésiennes ce qui en fait le restaurant le plus authentique de l’île. Et, c’est deux fois moins cher qu’ailleurs : compter 10-15K le plat.
  • Yaya warung :ce café se trouve sur la côte orientale de l’île en bord de plage – pas loin de l’arrivée des bateaux publiques de Bangsal. On y trouve des plats indonésiens (20-25K) et quelques plats plus occidentaux. Le warung propose également pas mal de jus de fruits frais (10-15K). On est surtout tombé sous le charme de ces cabanons face à la mer dans lesquels il est possible de venir se poser pour manger ou simplement boire un coup.
  • Vendeuse ambulante : Sur l’île, il n’est pas rare de croiser des vendeuses ambulantes avec des glacières sur la tête. Ces dernières vendent essentiellement des déserts indonésiens avec entre autre des mini pancakes avec un fruit inconnu au bataillon, des crêpes au pandan, etc. On ne peut que t’inciter à tester l’expérience. On y a fait d’excellentes découvertes (si ce sujet t’intéresse, on te conseille notre article sur les spécialités de la cuisine indonésienne).

Quoi faire sur Gili Meno ?

L’île de Meno n’offre pas pléthore d’activités. Alors, mieux vaut ne pas être une personne qui s’ennuie facilement. On vient surtout ici pour le calme et la belle plage de sable blanc réputée pour être la plus belle des trois Gili. L’île de Meno, c’est une atmosphère, un endroit pour simplement profiter de la vie. On se prend très vite à se sentir comme Robinson Crusoé sur son île !

Découverte de l’île

L’île fait seulement 1km de large pour 2km de long. En faire le tour prend seulement 1h. De plus, l’île est dépourvue du moindre relief. Elle est plate comme une crêpe posée au-dessus de l’océan. Ce qui n’est pas sans poser de problème en cas de tsunami, on en parle un plus loin dans l’article.

La marche à pied reste donc le meilleur moyen d’explorer l’endroit et profiter des magnifiques plages de sable blanc qui entoure l’île. Il est possible de louer des vélos, mais je ne recommande pas vraiment cette solution car le sable rend vite la progression fastidieuse. On a beaucoup aimé la côte sud et ouest de l’île qui sont restés sauvages et quasiment vierges de toute construction.

À l’intérieur de l’île, on trouve quelques hôtels mais surtout les habitations des locaux et même une mosquée. Certains bâtiments donnent l’impression d’être laissés à l’abandon où il s’agit peut-être de bâtiments endommagés par un précédent tremblement de terre ou tsunami.

Par ailleurs, une autre particularité de l’île de Meno est d’avoir un petit lac salé entouré de végétation. L’endroit n’a rien de particulier, mais invite simplement à la flânerie et l’observation de la faune et la flore.

Observer le coucher/lever de soleil

La côte Est de l’île permet de jouir d’un panorama sur l’île de Lombok et le volcan Rinjani aux premières lueurs du soleil.

Tandis que sur la côte Ouest, on profite des derniers rayons de soleil avec en toile de fond Gili Trawangan.

Sanctuaire des tortues

Au sud de l’île, il existe un centre de conservation des tortues à l’initiative d’un habitant de l’île. C’est l’occasion de faire un don pour l’aider et d’en apprendre un peu plus sur les tortues. Les dons servent à nourrir et soigner les tortues.

Les deux espèces de tortues communément aperçues dans les eaux des îles Gili sont la tortue verte et la tortue Caretta Caretta. Ces tortues mesurent en moyenne 90 à 110 cm de long à l’âge adulte et vient en moyenne de 80 à 90 ans. Bien qu’existant depuis plus de 150 millions d’années, toutes les espèces de tortues sont aujourd’hui en voie de disparition. Imagine, elles ont survécu à l’extinction des dinosaures et l’homme à lui seul est en train de les exterminer soit en raison de la surpêche soit du développement urbain sur les plages où les tortues pondent ! Sans compter qu’elles sont aussi tuées pour leurs œufs et leur viande. L’huile extraite des œufs est utilisée pour produire des cosmétiques et des médicaments ! Les carapaces sont également utilisées pour fabriquer des bijoux. Tout cela, sans oublier les fois où on les retrouvent noyées dans les filets de pêche, où victimes de la pollution plastique.

Le but du sanctuaire est de protéger les œufs de tortue des prédateurs et leur permettre ainsi d’éclore. Les jeunes tortues sont ensuite élevées dans des bassins jusqu’à l’âge de huit mois avant d’être relâchées dans la mer.

Snorkeling

L’île est réputée pour ses sites de plongée. Malheureusement, pour des raisons médicales la plongée nous est interdite. On doit donc se contenter du snorkeling pour observer les fonds marins. Un petit conseil avant de te lancer : vérifie l’horaire des marées. Car, à marée basse la plupart des coraux sont à l’air libre. Ce qui, ne semble-t-il, n’a pas empêché la plupart des touristes de s’y aventurer, vu que la plupart des coraux en bord de plage sont désormais morts…

Le snorkeling permet déjà d’observer toute une ribambelle de poissons : du bleu au jaune et noir. On a même la chance de voir une tortue. Un moment magique, mais qui ne dure que quelques minutes. Car tout d’un coup c’est un groupe de 10 personnes qui se met à sa poursuite. Pour ne pas en rajouter, on la laisse tranquille ! On est aussi surpris par la différence de profondeur du fond marin. Dès qu’on s’éloigne un peu du rivage la mer devient super profonde au point qu’on n’aperçoit même plus le fond !

Combien de temps faut-il prévoir ?

Pour explorer l’île à proprement parler, une seule journée suffit. C’est pourquoi, il est envisageable de ne pas y passer la nuit.

Quoi faire en cas d’alerte au tsunami ?

Les îles Gili sont toutes les trois sans relief. Elles émergent de seulement quelques mètres au-dessus de l’océan. C’est pourquoi, en cas de tsunami la situation peut très vite devenir dangereuse. Les tremblements de terre étant relativement fréquents dans cette région du monde, mieux vaut être sensibilisé aux risques.

En cas d’alerte au tsunami, la meilleure solution est bien entendue d’évacuer l’île. Mais, si ce n’est pas possible, il faut se réfugier au centre de l’île et monter le plus haut possible à l’étage des bâtiments qui n’ont pas été endommagés par le séisme.

Voyager écoresponsable sur les Gili ?

Si tu es un voyageur soucieux de l’environnement, sache que le simple fait de se rendre aux Gili n’est pas vraiment écoresponsable. Il nous paraît en effet impossible de conjuguer ces deux impératifs car le tourisme met une pression énorme sur l’écosystème de ces îles. Voici, quelques éléments pour te faire prendre conscience de cela :

  • La population de tortues qui avait pour habitude de venir pondre sur les plages voit son habitat détruit par la construction d’infrastructures pour les touristes ou est dérangée par la simple présence de touristes.
  • La construction de nouvelles infrastructures pour répondre à la demande touristique toujours en hausse détruit la faune et la flore locale et défigure les îles.
  • L’augmentation du tourisme nécessite de mettre à disposition toujours plus de ressources pourtant rares sur ces îles comme par exemple l’eau.
  • La plupart des coraux qui entourent l’île sont déjà morts ou en voie de l’être. Avec les personnes qui marchent dessus où l’utilisation de crème solaire.

Aux dernières nouvelles la construction d’une route pour faire le tour de l’île était engagée. De nombreux changements sont donc à prévoir et il y a fort à parier que beaucoup de petits hôtels, d’échoppes ou de restaurants vont disparaître au profit des grands complexes hôteliers luxueux.

Alors, aussi contradictoire que cela puisse paraître pour quelqu’un qui fait un article sur le sujet, on recommanderait de ne plus se rendre sur ces îles et de privilégier d’autres endroits comme Kuta Lombok qui offre sensiblement la même chose et qui sera justement le sujet de notre prochain article sur le blog. Une autre solution est de s’y rendre uniquement à la journée pour profiter des sites de plongée sans contribuer à la demande d’infrastructures hôtelières.

Notre avis

L’île de Meno était sans doute un véritable paradis il y a quelques années. Aujourd’hui, l’afflux toujours plus important de touristes menace dangereusement l’écosystème. Un petit air d’île de robinson Crusoé subsiste encore mais pour combien de temps… ? À part, pour profiter des sites de plongée réputé pour être parmi les meilleurs au monde, on ne recommande donc pas de loger sur l’île. Si tu cherches simplement à profiter du climat et de la plage alors la région de Kuta Lombok fera aussi bien l’affaire.