Coober pedy : porte d’entrée de l’outback australien

C’est tout excité que nous faisons route vers notre prochaine destination : Uluru. Tu as sans doute déjà vu ou entendu parler de ce fameux gros rocher ocre situé en plein désert. C’est devenu un véritable emblème de l’Australie. Pour rallier cet endroit, il nous faut d’abord parcourir plus de 2 000 km sur la Stuart highway. Cette autoroute de 2 800 km relie Darwin dans les Territoires du Nord à Port Augusta dans l’état du South Australia. D’ailleurs, d’autoroute elle n’a que le nom, car il s’agit simplement d’une route à double sens. Le nom de « Highway » vient sans doute plus du fait que la route relie plusieurs états et qu’elle est goudronnée, car en Australie, il y a encore beaucoup de routes non goudronnées.

Préparation à l’Outback australien

Voiture chargée pour notre road-trip sur stuart highwayLa route traverse donc le fameux désert australien appelé « Outback » par les australiens. Majoritairement aride ou semi-aride, il est recouvert de désert, plaine ou savane. Cette région grande comme 2/3 de l’Europe est très peu peuplée alors, voyager dans cette partie de l’Australie demande un peu de préparation.

Tout d’abord, il est utile de planifier ses ravitaillements en carburant pour éviter la panne sèche au milieu du désert. Il peut même parfois être nécessaire d’acheter des bidons de carburant supplémentaire. Puis, il faut prévoir une réserve d’eau : 5L par personne par jour. Enfin, il est également préférable de faire ses provisions de nourriture, car les prix grimpent vite au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le désert.

Nous voilà donc partis pour 2 jours de conduite, la voiture chargée d’essence, d’eau et de nourriture. C’est la première fois qu’on se retrouve au milieu du désert en Australie. En dehors de la route et des quelques véhicules que l’on croise, il n’y a pas beaucoup de traces de vie humaine. On va avoir le temps de penser et réfléchir, car au bout de quelques kilomètres, le paysage se répète à l’infini.

Stuart highway

Le lac Hart

Au bout de quelques centaines de kilomètres (hé oui l’échelle de l’Australie n’est pas la même que chez nous !), on est intrigué par une grande étendue blanche à l’horizon. Alors, on décide de sortir de la Stuart highway pour nous rapprocher, afin de voir de quoi il s’agit. Une fois plus proche, on réalise qu’il s’agit d’un lac asséché et que le blanc est tout simplement du sel ! La région est en effet parsemée de lacs salés temporaires qui se remplissent lors des pluies et s’assèchent petit à petit par la suite. On en profite pour se dégourdir les jambes et faire une petite séance photo au milieu des vestiges de rails d’une ancienne exploitation de sel.

Les roadhouses

Station service sur la Stuart highway

On se remet ensuite en route. Le trajet est une aventure en soi et permet d’explorer l’outback australien et ses grandes étendues sauvages. Mais très vite, les paysages deviennent monotones. Il y a seulement quelques variations de végétation sur le trajet dont on se rend compte en étant attentif. Bref, c’est le désert !

Quelques roadhouses viennent rompre la routine. Ce sont des sortes de stations-service proposant un lieu de restauration ou une épicerie et parfois un garage (utile en cas de problème mécanique). Dans les zones les plus reculées, elles offrent même des accommodations pour la nuit du style motel ou camping.

Coober Pedy

Coober Pedy est la première chose ressemblant à une ville qu’on rencontre sur notre route depuis plusieurs centaines de kilomètres. À première vue, rien de bien séduisant : une chaleur accablante, aucun arbre, des essaims de mouches, de la poussière partout et des épaves de voiture à tous les coins de rue. On a un peu le sentiment de débarquer sur un grand terrain vague ou une ville fantôme.

Mais, ce qui caractérise le plus ce village se sont ses maisons troglodytes. En effet, en raison de la chaleur qui règne la journée, les gens ont construit des maisons sous terres. Ainsi, c’est peut-être le seul endroit en Australie où il est possible de dormir dans un hôtel troglodyte ! Au détour d’une rue, on tombe sur les vestiges d’un vaisseau tout droit sorti d’un film de science-fiction. Après recherche, il s’agit d’une maquette produite pour le film Pitch Black sortie en 2000. Il y a également un point de vue nommé « The Big Winch » qui permet d’observer les alentours. L’endroit est matérialisé par un seau géant.

Hormis cela, le village est très calme, on ne croise pas grand monde dans les rues. Ce qui nous marque le plus, c’est l’apparence des premiers aborigènes que l’on a l’occasion de voir depuis le début de notre voyage. À cette heure de la journée, la plupart des habitants doivent être retranchés chez eux ou travailler dans les mines environnantes. Avec l’absence de verdure et la chaleur étouffante, une chose est sûre, c’est qu’on n’aimerait pas vivre ici !

Après avoir fait le plein de carburant, on part visiter les alentours. On aperçoit alors à perte de vue des petits tas de terre accolés à des trous. Ce sont les vestiges de la ruée vers l’opale, ce minerai dont les sous-sols de la région regorgent.

The Breakaways et The Castle

On jette notre dévolu sur le seul point d’intérêt du coin : The Breakaways. Pour cela, on emprunte une piste non goudronnée sur une trentaine de kilomètres pour atteindre ce lieu sacré pour les aborigènes. Qu’est-ce qu’on y trouve ? Hé bien des formations rocheuses colorées. Certes, ce n’est pas aussi grandiose que l’Ouest américain, mais cela permet de casser la monotonie de la route !

Le premier point d’intérêt est appelé « The Castle » ou « Salt and Pepper ». Il est constitué de deux formations rocheuses juxtaposées, mais de couleurs différentes : une blanche et une marron. Pour les habitants traditionnels des lieux, les aborigènes, il s’agit de deux chiens assis au sol : un blanc et l’autre marron. Puis la colline à droite représente le maître des deux chiens.

The Breakaways - The castle

La forme des collines et leur différence de couleur (liée à une variation de l’érosion) font que l’endroit vaut le coup d’œil. Et puis, je ne sais pas si c’est la signification particulière des lieux pour les aborigènes, mais cet endroit à quelque chose de spécial, de mystique et impalpable à l’œil nu. Un peu plus loin, on observe une véritable palette d’artistes avec des formations rocheuses aux multiples tons colorés.

Puis, la piste s’élève pour atteindre les hauteurs et offrir un panorama coloré de la région.

On finit la journée en installant notre campement du soir sur une aire de repos de la Stuart Highway avant que la nuit tombe, afin de limiter au maximum le risque de se prendre un kangourou sur le pare-brise. En effet, dès le coucher du soleil, ceux-ci sortent par dizaine au bord des routes et cela augmente du coup considérablement le risque d’accident. Ce n’est pas pour rien que personne n’assure les voitures de location entre le coucher et le lever du soleil…

Coucher de soleil sur la Stuart highway

Demain, une autre grosse journée de route nous attend pour atteindre notre destination finale : Uluru.

Notre avis

Coober pedy est une excellente entrée en matière de l’outback australien. Ce village minier perdu au milieu du désert semble figé dans le temps et presque surréel dans un environnement aussi inhospitalier ! Dommage qu’il ne soit pas possible de visiter des maisons troglodytes.  Lors de ta visite, n’hésite pas à faire un petit détour pour voir les impressionnantes formations rocheuses colorées des Breakaways et Castle.

Expérience :   
Coober pedy : porte d’entrée de l’outback australien
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2017-08-31T19:27:51+00:000 commentaire

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